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Audrey |
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Les femmes |
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| M. Baudelaire, C'est une joie de pouvoir vous écrire, moi qui vous place bien au-dessus de tous les poètes que j'ai pu lire. Vos poèmes me sont bien familiers, et j'ai mes préférés comme «Recueillement» ou «A une passante». Vous parlez souvent de vos maîtresses dans votre oeuvre et j'aimerais savoir ce que vous pensez des femmes en général. Merci. Audrey Chère Audrey, Merci pour vos compliments… Ils me touchent beaucoup, les vôtres ainsi que tous ceux des personnes qui se sont donné la peine de me les écrire. Vous me parlez des femmes… Il est vrai qu'elles occupent une grande place dans ma vie, mais mes histoires sont bien connues… Mme Sabatier, ou encore Jeanne, ma tendre Jeanne, si belle, si exotique, mais au tempérament si fort… Mon premier amour, si douloureux comme tous les premiers amours, si passionnel, si destructeur… Les femmes «en général», comme vous dites, sont des êtres complexes, charmeurs, envoûtants... Toutes un peu les mêmes, mais toutes si différentes, qui causent tant de maux aux hommes malchanceux… Il faut à chaque homme entreprendre un long labeur de décryptage, d'adaptation, pour connaître peu à peu sa femme... Étape fort difficile à laquelle les femmes accordent peu de patience, si persuadées que nous sommes tout simplement stupides… «Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille», ces vers veulent tout dire de la souffrance que m'ont causée à jamais les femmes, et de leur impatience… Mais les plus belles femmes sont, à mes yeux, celles que l'on ne connaît jamais… Que l'on entrevoit, que l'on imagine, mais que l'on ne découvre jamais… Un peu comme dans A une passante… Il existe d'ailleurs de ce poème une réécriture, d'Antoine Pol, je ne sais si vous la connaissez, mais elle commence comme ceci… «Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connaît à peine Qu'un destin différent entraîne Et qu'on ne retrouve jamais…» Voilà, ma chère Audrey, tout ce que je puis bien vous dire au sujet des Femmes, une des trop nombreuses sources de mes maux… Bien à vous, Charles Baudelaire. |
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