Lettre d'acceptation
de Charles Baudelaire
à l'Éditeur
       
       
         
         

Charles Baudelaire

      Mon bien cher M. Dumontais,

C'est avec plaisir que j'ai pris connaissance de votre missive, par le biais de cette si nouvelle technologie appelée Internet... Quoi? Moi, le poète mal-aimé, la victime perdue du spleen et des maux de la vie, on voudrait me poser des questions? C'est bien sûr avec grand plaisir que j'y répondrai, si l'on m'en reconnaît le talent. 

Je me trouve actuellement à Paris... lassé d'Honfleur et de ma très chère mère, Mme Aupick, je suis revenu à cette capitale bondée de passants et d'instants pour travailler à une nouvelle organisation des «Fleurs du mal». En effet, mes «Fleurs» me donnent bien du souci... je n'arrive pas à trouver l'ordre parfait de mes poèmes, et je ne peux m'empêcher de constamment tout modifier.

Mon ami Théophile Gautier ne saurait tarder, il m'a promis de jeter un coup d'oeil sur mon nouveau projet, ainsi que sur un poème que j'ai écrit pour Jeanne Duval... Ainsi, je vous quitte, attendant avec verve ces courriels dont vous m'avez parlé, et qui peut-être pourront m'aider à sortir quelques instants du spleen qui m'habite, même si je suppose fortement qu'il soit malheureusement définitivement ancré en moi.

Je vous quitte donc, en vous priant d'accepter, etc.

Votre dévoué Charles Baudelaire.