Votre belle-mère |
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| Très chère comtesse, Je crois qu'on vous a fiancée dès l'âge de onze ans et, selon la coutume en vigueur, c'est votre future belle-mère qui prit alors en charge votre éducation et s'occupa de vous jusqu'au mariage. C'est-à-dire pendant quatre longues années. J'aimerais que vous me parliez d'elle, de votre vie auprès de cette femme qui, je pense, vous a fortement influencée. Charles Desjardins |
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| Très cher M. Desjardins, Vous avez en partie raison. J'ai effectivement été fiancé au comte Ferencz Nadasdy dès l'âge de onze ans. Par contre, avant le mariage, je suis tombée enceinte suite à une aventure avec un paysan du village. Comme à l'époque ces choses étaient mal vues, les membres de ma riche et puissante famille m'ont envoyée habiter dans une autre demeure. Nous possédions plusieurs châteaux et plusieurs terres, et ce, à travers le pays entier. Les enfants illégitimes n'étaient pas élevés de la même façon que les enfants de familles nobles. Bref, Ursula Nadasy, ma belle-mère, je ne l'ai connue que très peu en raison de ces circonstances. Après le mariage, je suis partie habiter avec Ferencz, au château de Cséjthe. C'est plutôt lui ma principale source d'influence et non sa mère. Je prenais plaisir à l'écouter parler des différentes manières de tortures qu'il utilisait contre les ennemis. C'est également lui qui s'est chargé de mon enseignement des sciences occultes et de la magie. Après son départ pour la guerre, (il préférait la guerre à la vie commune au château), mon servant THORKO a continué mon éducation en matière des sciences occultes et de la sorcellerie. C'était en quelque sorte pour combler le vide qui habitait ce grand château. J'ai eu aussi quelques amies et complices sorcières qui m'ont appris énormément de choses. Suite à la décision du tribunal, elles ont été accusées de sorcellerie, de vampirisme et d'avoir pratiqué des rituels non autorisés, à cette époque où la religion condamnait toutes ces activités. Mais j'ai tout de même eu le temps d'apprendre le nécessaire; comment conserver ma beauté pour l'éternité. J'espère, M. Desjardins que cette courte lettre répond à votre questionnement sur mes sources d'influences. Que les forces du bien et du mal qui existent parmi nous, vous influencent dans votre délire personnel. Votre comtesse, Erzsebeth Bathory |
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| Chère comtesse, Merci de votre réponse qui m'a davantage éclairé sur votre vie que je connais très peu. Ainsi, je croyais que votre belle-mère avait eu une plus grande influence sur votre destinée. N'était-elle pas très pieuse vous lisant sans arrêt des livres de prières à dégoûter toute personne raisonnable de la religion? Et de là découlerait votre penchant pour le côté obscur des choses? J'aimerais en savoir plus. Participez-vous à des messes noires et à des cultes sataniques par conviction où tout ce sang répandu n'était que pour conserver votre beauté? Traitement qui, je l'avoue, vous a fort bien réussi. Au plaisir, comtesse Charles Desjardins |
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| M. Desjardins, Je m'excuse du délai pour ma correspondance. Je suis de retour d'un long trajet, j'arrive à l'instant d'une ville non loin de mon ancien chez moi en Europe de l'est. Je suis maintenant confortablement installée pour prendre le temps de vous répondre. Vous savez, ma famille, la plus riche et la plus puissante du pays à l'époque comptait des membres de la religion catholique, résistant à la vague de protestantisme qui se montrait de plus en plus envahissante. Par contre, la majorité d'entre nous consacrait son attention sur le pouvoir et notre noblesse. La hiérarchisation était prédominante. Il y avait dans les Bathorys, le Prince de la Transylvanie, le Roi de Pologne et des membres haut placés du système judiciaire. Je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer suffisamment de fois des gens du milieu ecclésiastique pour me convertir en croyante et pratiquante. Malgré l'époque où le patriarcat était à son meilleur, à bien y penser, il règne encore aujourd'hui, j'ai toujours été une femme en marge des règles de conduite strictes et imposées socialement. La preuve est que j'ai gardé mon nom après mon mariage. Il y avait également des gens différents au sein de la famille Bathory; des sorcières et des satyres. Bref, c'est lorsque mon mari était parti à la guerre que j'ai pris des complices qui habitaient le château. C'étaient des gens qui connaissaient très bien la sorcellerie et l'alchimie. Oui, nous avons pratiqué des rites. Mais par contre, ce n'était pas des cérémonies comme les messes noires traditionnelles. Je ne voulais que préserver ma beauté après tout. Même que nos fêtes au château étaient très particulières, je n'ai jamais prié Satan. On ne m'a jamais assez gavée de religion au point de me faire régurgiter ces croyances de façon violente, comme certains seraient portés à le croire. Très cher M. Desjardins, merci pour votre compliment, et je souhaite que cette lettre a répondu à vos interrogations. Tout le plaisir est pour moi, Erzsebeth |