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Sylvie
écrit à

Erzsébeth Bathory


Video meliora proboque deteriora sequr


    Madame Erzsébeth Bathory,

Je me permets de revenir vers vous, car je me suis trouvée peu curieuse à votre encontre lors de mon dernier passage, surtout que j’avais pris beaucoup de plaisir à vous lire et en contrepartie je n’ai même pas pris le temps de réellement vous connaître.

Avant toute chose, n’ayez aucune crainte, je n’attends pas de vous des repentirs avec plein de trémolos dans la voix. Non, je ne suis pas venue ici pour écouter vos confessions et encore moins vous donner l’absolution!

Cela étant dit, je peux commencer: il me serait agréable de connaître les raisons qui vous ont poussée à ces actes. Je me suis posée la question, vous ne m’avez pas rendu insomniaque, mais je me suis dis que vous ne vous êtes pas levée un matin en vous disant: «Tiens, Erzsébeth, cela te dirait de prendre un bain de sang? Oui, mais du sang de fille, et plutôt mignonne, qui sait, la laideur est peut-être contagieuse?» J’aimerais savoir ce qui vous a poussé à franchir le pas?

J’aimerais connaître VOTRE version des faits: on vous dépeint comme une sadique sanguinaire, ayant pris un grand plaisir dans la torture et qui était une adepte active du saphisme! Je suis ouverte d’esprit, même si ce n’est pas ma tasse de thé, il ne faut jamais dire «fontaine je ne boirai pas de ton eau!» Mais là, je n’ai pas trop soif.

Cela ne me dérange pas que vous ayez pris du plaisir dans la torture ou dans tout autre chose, après tout personne n’est innocent et on prend son plaisir comme on peut. Vouliez-vous réellement rester jeune et belle? Il faut que vous m’expliquiez, car j’ai du mal à comprendre. Si votre raison première était réellement de rester jeune et belle, pourquoi uniquement des femmes? Je n’ai pas retenu si elles devaient être vierges ou non. Quoique je suppose qu’elles ne sont pas venues avec leur curriculum vitae! Mais dites-moi, s’il vous plaît, pourquoi pas du sang d’homme, après tout, il est aussi rouge que celui des femmes?  Et dans quel but? Par pur narcissisme? Ou, comme vous étiez veuve, vouliez-vous vous remarier?

Je pense vous avoir tout demandé, si ce n’était pas le cas je me permettrais de revenir vers vous.

Madame, dans cette attente, je vous prie d’accepter mes sentiments respectueux,

Sylvie
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