Que des femmes |
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| Chère Comtesse, J'aimerais savoir pour quelle raison vous ne sacrifiez que des femmes. Est-ce que l'Ordre du Dragon interdit l'utilisation du sang masculin? Et qu'est-il advenu de vos enfants suite à votre condamnation? Bien à vous |
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| Madame Isabelle, Comme vous en êtes une, vous devez savoir que les femmes ont une fragrance exquise. C'est la douceur et la délicatesse qui se retrouvent, non seulement dans leur âme, mais également dans leur sang, qui rachètent la lourdeur des années. Je suis femme, voilà tout. Je ne comprends point pourquoi vous faites allusion à l'Ordre du Dragon. La magie a des règles appartenant à elle seule. On se doit d'interpréter et d'expérimenter afin de maîtriser cette doctrine complexe. Tout d'abord, mes enfants n'habitaient pas avec moi en permanence. Je les percevais comme une intrusion dans ma démarche vers la jouvence. Hélas! Nous n'avions pas les moyens de contraception dont vous faites usage aujourd'hui. À mon avis, les enfants ne sont qu'une punition du plaisir charnel. Ils étaient déjà assez vieux lorsque j'ai été condamnée. Ils sont partis rejoindre les rangs de la grande famille Bathory, je crois. J'ignore où exactement. Nous possédions des demeures et des terres en Hongrie, en Roumanie et même jusqu'en Pologne. Quatre ans après ma réclusion aux oubliettes du château, j'ai fait mon passage à l'éternité. Sans fenêtre, seulement une petite ouverture servait à m'apporter de la nourriture infecte. J'ai été avisée en retard que mes chers compères et amis furent sauvagement tués sans raison. Après la découverte de mon corps, j'ai dû disparaître du pays. Le peuple me croyant éteinte, je me suis réfugiée en Bulgarie. J'y suis restée plusieurs années, juste assez longtemps pour que toutes mes connaissances décèdent. Mes enfants sont morts depuis des siècles déjà. Votre comtesse, Erzsebeth Bathory |