Un homme s'adresse à vous |
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| Chère Barbie, Un homme s'adresse à vous, bien que les Barbies ne soient a priori pas destinées au sexe masculin. Mais si je prends la plume ce soir, c'est pour vous faire part d'un sentiment de révolte qui est né en moi il y a quelques années déjà, et qui ne fait que grandir au fil du temps. Je m'explique. Barbie, la jolie jeune fille que vous êtes, n'a rien à envier à aucune des jeunes filles de cette planète. Et c'est bien là le problème... Votre physique, aussi agréable soit-il, n'est que de plastique, et aucune jeune fille ne peut espérer atteindre cette ligne aussi féminine. Alors que les jeunes enfants, filles, jouent avec les Barbie, elles s'imprègnent de l'image de cette silhouette, et quelques années plus tard, quand elles rentrent elles-mêmes dans l'adolescence, une bonne partie d'entre elles seront complexées de se trouver «si grosse», ou «si lourde»... Et justement, c'est dans ces jeunes années d'adolescence que le physique est le plus ingrat. Et c'est dans ces jeunes années également qu'on observe le plus grand nombre de cas d'anorexie.... Loin de moi l'idée de vous rendre responsable de ces drames, mais vous contribuez à cette tendance de la société à toujours valoriser les physiques minces à l'extrême. Au cinéma, lors de défilés de mode, les femmes misent en valeur sont généralement très minces, voire même maigres. Chacun ses goûts, évidemment, mais moi je trouve que ces physiques ne sont pas du tout nécessairement les plus attirants. Et au-delà même d'une simple question de goûts, je crois que le risque d'influencer les jeunes esprits, en leur donnant une vison déformée du physique idéal, est bien réel. Je ne cherche pas à vous condamner, mais uniquement à faire part de mon avis sur un problème de société. Et éventuellement, à inviter les parents, grandes soeurs ou autres, à être particulièrement attentifs dans la vie de tous les jours. J'aimerais débattre de ce sujet avec vous, et j'attends donc avec la plus vive impatience votre réponse. Je vous remercie d'avoir consacré un peu de votre temps pour me lire, Affectueusement, Tom |
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| Cher Tom, Il n'y a rien de faux dans tout ce que vous dites et j'y souscris entièrement. Mais vous me placez moi, pâle conséquence, dans une position non avenue de cause motrice. Or, comme vous l'observez si bien, si notre petite fille en question a une mère attentive, des soeurs heureuses et une Barbie, la conscience que sa Barbie a de son corps ne pèsera pas bien lourd comparé à l'influence de ses pairs humains, je vous prie de me croire... Le vrai problème est avec les petites filles, pauvres ou riches, grasses ou maigres, simples ou savantes, qui n'ont que moi, ne parlent qu'avec moi parce que, muette et immobile, je persiste à être la seule à les comprendre et à les respecter... Celles-là, oui, finiront, j'en ai bien peur, avec des lambeaux de représentations de poupée-mannequin échancrées dans leur petit coeur triste. Et, dans ces cas spécifiques, comme j'aurai été en fait la seule à ne pas avoir abdiqué mon rôle, je vous demande de bien réfléchir à mes limitations et au contexte global de ces vies d'enfant, avant de me jeter la pierre. J'ajoute que, malgré toute la tristesse de ce monde, je me dois d'inverser une de vos affirmations. Contrairement à ce que vous dites, ce sont les petites filles de cette planète qui n'ont rien -mais rien de rien- à m'envier. Respectueusement, Barbie |