Quelques mises au point
       
       
         
         

tchao_kiri73@hotmail.com

      Chère Barbie,

C'est avec un étonnement certain que je me permets de vous écrire ce courriel. Déjà, parce qu'il me semble que vous n'êtes pas vraiment au courant de votre propre vie... Aussi, permettez moi de vous rafraîchir la mémoire: tout d'abord, vous n'êtes malheureusement pas fille unique, contrairement à ce que vous pouvez insinuer... puisque Skipper, votre jeune soeur a vu le jour 4 ans après votre naissance...! Puis Francie, votre cousine, et Tuttie, votre plus jeune soeur encore, et j'en passe...! Shelly, Kelly et toutes les autres qui ont vu le jour à l'aube des années 90...

Allons, Barbie, ne vous cachez plus! Vous voyez bien que depuis ces 50 dernières années, vous passionnez les foules qui sont à l'affût des moindres faits et gestes de votre vie! Et puis tous ces hommes, qui ont vécu à vos côtés: pour le premier Ricky, Ken, Steven...etc, etc! Ne me dites pas qu'il n'y a pas eu fricotage, je ne vous croirais pas...!

Et alors, summum de l'hypocrisie: dire que vous êtes TOUJOURS à la Faculté! Soit pour le coup, vous êtes vraiment sotte au point de rester heu... attendez que je compte... près de 40 ans à la Sorbonne(!), ou bien alors la chirurgie esthétique a fait des miracles...

En tout cas, chapeau bas, Mademoiselle Mattel, car votre empire reste colossal... avec près de 70 amis, frères, soeurs, cousines, cousins, oncle... en près de 50 ans, c'est très fort... vous avez su fanatiser les foules, et je vous en félicite...

Ulrich
         
         

Barbie

      Monsieur,

Je sais qui je suis et je n'ai rien à voir avec ce Mattel dont je n'ai jamais entendu parler. Je ne suis pas une ancienne de la Sorbonne mais du Willows High School de Willows au Wisconsin. Je vous trouve dur, cassant, pédant, barbant. Je ne comprends rien à ce que vous me reprochez et m'en moque.

Je profite de l'occasion pour vous rappeller que je suis un jouet de fille.

Bonsoir.

Barbara Millicent Roberts
         
         

tchao_kiri73@hotmail.com

      Mlle Barbie,

Avant de commencer, je vous prie de vraiment me pardonner si je vous ai fait de la peine, parce que ce n'était pas mon but, bien au contraire. J'ai préféré vous écrire un mail à tonalité humoristique et sans aucune ironie. Ainsi donc excusez-moi, chère Barbie, ce mail n'était ni pour vous casser et encore moins pour vous blesser; il n'a pour unique but que de vous rappeler quelques souvenirs que vous avez oubliés! Pour votre gouverne, permettez-moi, quand même, de vous rafraîchir la mémoire... concernant votre passage à la Sorbonne (faculté mythique que moi aussi j'aurai la chance de fréquenter dès octobre). Vous ne vous souvenez vraiment pas de cette partie de votre vie? C'était à l'époque où vous fréquentiez assiduement une styliste française, au milieu des années 60, et c'est grâce à elle que vous avez eu l'opportunité de faire une entrée très remarquée dans cette université de prestige, parée d'un ensemble très mode...

Avant de clore ce mail, qui a des allures de mea culpa, je vous dis que je suis un garçon et que j'ai joué à la Barbie des heures interminables avec ma soeur, comme beacoup de petits garçons qui ont eu des grandes soeurs... le cliché «Barbie c'est pour les filles», c'est un peu archaïque... et rétrograde... servez-vous de ce tremplin, Mlle Barbie, qu'est le 21e siècle afin d'être une idole complète! Soyez high tech, courageuse et, surtout, battez-vous contre les préjugés tels que celui-ci...

À très bientôt quand même. Amicalement.

Ulrich
         
         

Barbie

      Monsieur,

Si vous jouez à la Barbie, c'est une tout autre affaire. Je suis une ancienne de la Sorbonne, de Villetaneuse, de Nanterre et même de la Faculté Vulcaine de Logique quand vous le souhaitez, si vous jouez à la Barbie... selon les règles.

Lisez un peu ma correspondance, ce sera pour constater que quand un garçon d'une certaine génération s'emparait de la Barbie de sa soeur ou de sa cousine, c'était habituellement pour lui faire un sort peu enviable. Cette réalité existe aussi, Monsieur. Il faut en tenir compte froidement et résister adéquatement. Vous vous êtes présenté à moi sous cette apparence malotrue et en avez payé les frais. Je suis très sensible aux apparences. Je suis Barbie, que voulez-vous.

Jouez donc à la Barbie de la bonne façon, à propos de laquelle je vais vous donner un conseil unique: ne me soufflez pas trop hâtivement mes lignes. Laissez cette partie délicate et complexe du jeu à votre soeur pour un moment. Elle vous bat encore de plusieurs longueurs en la matière.

Bien à vous.

Barbie