L'amour est magnifique |
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| Si l'amour est supposé être si magnifique, pourquoi est-il si difficile? | ||||
| Oh, c'est que les sexes se méconnaissent profondément. L'amour, ce n'est pas la science infuse, vous savez. On peut aimer, se sentir bien avec une personne et subir de plein fouet son despotisme involontaire. Le nombre de malentendus entre hommes et femmes est infini. Et comme aimer n'est pas savoir, le potentiel de catastrophe est formidable, entre deux amoureux. Un exemple. Ken n'aime pas le manucure. Il considère que c'est inutile, tape à l'oeil, racoleur. Voici un dialogue que nous avons eu sur la question un jour de février. Il synthétise l'immense fossé d'incompréhension qui oppose les deux pôles éternels du sexage: Ken: Je voudrais quand même savoir pourquoi tu te manucures les doigts de pieds en plein hiver. Barbie: Mais parce que c'est joli... en toutes saisons. Ken: Enfin. Tu vas passer la journée en bottes ou en chaussures. Personne ne va voir tes doigts de pieds manucurés avant des mois. Barbie: Et alors? Je marche pieds nus dans ma chambre, le soir et il m'importe que mes doigts de pieds scintillent sous la lueur des bougies que j'allume dans tout mon espace avant d'aller dormir, Ken: Dans ta chambre, tu es seule. Je ne suis même pas là pour voir le résultat. Barbie: Mais Ken, mon gros Loulou, je ne me manucure pas les doigts de pieds pour toi. Ken: Ah non? Pour quel homme alors? Barbie: Aucun homme. Ken: Ah bon! Une femme alors? Ken: Bien sûr. Et toute une femme encore Ken: Qui... qui donc? Barbie: Mais moi, mon pauvre ami. Nul autre que moi! Je t'épargne la suite, mais ça a vite viré vinaigre. Le pauvre plouc n'était pas fichu de se rentrer dans le plomb que je soignais mon apparence pour mon propre plaisir privé et qu'il n'avait pas grand chose à y faire. Et, pour ma part, j'étais trop gourde pour me rendre compte que cette manifestation de la complète et implacable autonomie de l'intendance de mon physique le blessait, l'injuriait, qu'il se sentait délaissé, spolié, dévalorisé. Avec le recul, ma position me paraît parfaitement limpide et compréhensible. La sienne me parait solidement délirante et indéfendable. Et j'ai le coeur si gros et la gorge si serrée par l'envie d'envoyer à tous les diables quiconque se mêle de m'apostropher quand j'ai les pieds perchés sur ma coiffeuse, avec du coton entre les orteils et que je me manucure les doigts de pieds, opération délicate, cruciale, capitale et non négociable. Crotte, à la fin! C'est tout cela, ô correspondant(e) inconnu(e), qui fait que l'amour est si difficile... Barbie |