Louis
écrit à
| Général, Sachez que je vous considère comme le plus grand général de tout le monde antique et comme l'incarnation même de la stratégie et de la tactique dans les règles de l'art de la guerre. Mais j'aimerais savoir comment tu as interprété cette phrase de ton frère Maharbal: «Tu sais vaincre, Hannibal; tu ne sais pas profiter de la victoire.» Ensuite, lors de la bataille de Zama, ne penses-tu pas avoir abusé de la puissance des éléphants? Je m'explique: à Cannes et au lac de Trasimène, tu n'avais pas d'éléphants et tu devais jouer beaucoup plus sur la stratégie que sur la force des troupes. Ne penses-tu pas avoir d'abord privilégié la force de tes troupes et ensuite la stratégie, à Zama? Enfin, t'attendais-tu à une stratégie différente de celle des autres Romains en combattant Scipion qui avait battu ton frère Magon en Hispanie? Bonjour, Désolé de vous répondre aussi tard. Maharbal n'est pas mon frère mais mon compagnon d'armes. J'ai tout à fait compris ce qu'il voulait dire, mais je continue à penser que je n'avais pas le choix ou plutôt plus le choix. Je continue à penser que nous courions nous aussi à la défaite si nous avions attaqué Rome. De toute façon, il m'aurait dit la même chose après la prise de Rome, parce qu'il n'était pas question pour moi que je détruise l'ennemie de Carthage. Il y aurait tout de même eu la troisième guerre punique... Peut-être que l'on aurait réduit le score comme on dit de vos jours: un deux-un au lieu d'un trois-zéro... La puissance des éléphants était un atout et aussi un handicap. Je crois qu'à Zama, j'étais lassé de la guerre, de voir des hommes mourir pour deux villes ingrates. Certes je n'étais plus le Hannibal du début, prêt à venger l'honneur des Barca, de Carthage. Je n'étais plus ambitieux. Après tout, qu'ai-je fait dans ma vie à part semer la mort... pour rien. Puisse Scipion avoir été plus heureux! Hannibal |