Parlons chiffons! |
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| Chère Elisabeth, Je passe actuellement mes journées face à tes portraits, en particulier celui que François (Clouet) a eu l'honneur de te faire en 1570. Travaillant sur la symbolique politique du costume, je ne cesse de m'interroger sur la raison de tant de modestie dans ton apparence. Catherine (de Médicis) voulait-elle te faire autant d'ombre? Ou est-ce Charles qui ne voulait pas que sa femme soit trop somptueusement vêtue? Le fait est que dans le portrait que Jooris Van der Straeten a fait de toi quelques années avant ton départ pour Vienne, tu es bien plus richement vêtue (d'hermine d'ailleurs!)... cela me pose un énorme problème. Pourquoi, quelques mois avant la mort de ton mari, le roi, et peu de temps avant ton départ pour l'Autriche te montres-tu ainsi alors que, peu après le sacre et le couronnement, tu affichais tant de réserve et de modestie? Je sais bien que Brantôme disait de toi que tu ne fis jamais mal ni déplaisir à personne quelconque, mais ta mesure demeure étonnante dans cette effigie royale. Ne mets pas cela sur le compte du peintre Clouet... je ne te croirai point, le connaissant, je juge tes choix vestimentaires davantage dictés par la cour. Et surtout ne viens pas me dire que ton costume est royal... nous savons, toutes les deux, qu'il est bien modeste par rapport aux excès qui étaient permis à la cour en cette époque. Bref, j'espère une réponse sincère. Souffrez, Altesse, une admiration éternelle (voilà donc que je vous vouvoie!) C.D.S. |
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| Bonjour, Il faut avouer que j'étais fort modeste dans toutes mes actions, je ne cherchais pas à me mettre en avant pour briller, pas plus sur le plan intellectuel que physique. C'est dans ma nature, mais Catherine de Médicis y est pour beaucoup. Marie Stuart, l'épouse de l'aîné de mon époux, qui avait été reine de France pendant dix-huit mois, lui avait fait de l'ombre... un certain temps. Et la reine mère ne comptait pas se laisser faire. J'étais, par ma mère, petite-fille de Charles Quint, pire ennemi de François 1er et de Henri II, son époux bien aimé. On se méfiait de l'autrichienne étrangère qui parlait très mal le français. Ce n'est pas parce que j'étais parée comme l'exigeait mon rang, que je sortais ruisselante d'or et d'hermine, que j'avais la prétention de passer pour être celle qui détrônera la reine (entendez Catherine de Médicis). Après la mort de Charles IX, le 30 mai 1574, je me suis couverte de noir ou de blanc, sauf éventuellement, peut-être, pour les portraits. Ce n'était pas moi qui décidais ce que je devais mettre! Au plaisir, Elisabeth |