Ton empire |
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| Ave César, Ton empire, comment l'as-tu obtenu, je veux dire, quelle était ta jeunesse et quelle voie as-tu prise pour arriver jusqu'au statut d'empereur. Merci de ta réponse, à bientôt. Paix à toi. Damien.C |
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| L’Empereur César Auguste à Damien, salut. Ce que tu appelles le statut d’empereur, c’est quelque chose qui n’existait pas avant moi. Il m’aurait donc été impossible, à l’époque de ma jeunesse, de choisir la voie par laquelle j’aurais pu parvenir à ce résultat inimaginable. J’ai déjà parlé de ma jeunesse dans plusieurs de mes lettres précédentes. Tu pourrais te limiter à lire celles qui ont pour titre «Qui es-tu?», «Ton père adoptif» et «L'événement marquant de ta vie». Il y a là les éléments saillants sur ma jeunesse, sur l’impiété des assassins de mon père, le divin Jules César, et sur mes premières réactions à la nouvelle de ce meurtre qui avait glacé d’horreur le monde entier. A partir de ce moment, je fus parfaitement conscient que mon premier devoir était celui d’honorer la mémoire de mon père, en assurant à la justice tous ses assassins et en menant à terme le vaste programme de réformes qu’il venait à peine de commencer. Pour pouvoir procéder dans cette direction, je dus tout d’abord surmonter une interminable série de difficultés, d’embûches et de guerres, parce que la vieille oligarchie trouvait toujours de nouveaux moyens pour conjurer le danger que je puisse affaiblir ses privilèges sans bornes. Mais j’étais bien plus jeune, plus résistant et plus obstiné que mes adversaires. Après avoir puni les parricides, repris le contrôle de l’Italie, libéré la Sicile des flottes de pirates, anéanti dans les eaux d’Actium l’énorme flotte de la coalition orientale conduite par Antoine et Cléopâtre, et donné au peuple Romain la nouvelle province d’Egypte, je parvins enfin à rétablir l’ordre, la légalité et la paix sur la terre et sur les mers. A ce point-là, je remis dans les mains du Sénat et du peuple Romain les pouvoirs exceptionnels qui m’avaient été conférés pour faire face aux dangers qui menaçaient la République. Parmi les honneurs qui me furent alors offerts, j’acceptais volontiers de prendre le prénom de «Imperator» (auquel j’avais d’ailleurs droit par héritage paternel) et, quelques temps après, certains pouvoirs particuliers qui étaient déjà prévus par les lois romaines. Parmi ces derniers, il y avait surtout les pouvoirs traditionnels des tribuns de la plèbe et une autorité proconsulaire majeure dans les provinces qui m’avaient été confiées. Mais la dignité qui a mieux marqué mon rôle prééminent a été celle de prince du Sénat (c’est-à-dire le premier des sénateurs), parce que le mot prince a fini par prendre le sens de premier citoyen de la République. La raison pour laquelle j’ai choisi de garder cette position prééminente est très simple. Je ne vais pas la répéter ici, parce que j’en ai déjà parlé dans cette correspondance. Tu pourras la trouver dans ma lettre «République». Vale, IMP. CÆS. AVG. |