Tes bonnes actions
       
       
         
         

emilie.lemai@wanadoo.fr

      Ave César!

Je m'appelle Anthony et je voudrais savoir quelles ont été tes bonnes actions dans ta vie?

 

       
         

Auguste

      L'Empereur César Auguste à Anthony, salut.

Il me semble que tu utilises une expression un peu trop floue pour indiquer la qualité des actions qui t'intéressent. J'aurais préféré une indication plus précise, qui corresponde aux principales qualités humaines, telles que la vaillance, l'honneur, la loyauté, la piété filiale, la prudence, l'équité, la clémence, et ainsi de suite. Il s'agit en effet des valeurs dont nous vénérons l'essence divine à travers le culte que les Romains ont attribué aux déesses Virtus, Honos, Fides, Pietas, Prudentia, Aequitas, Clementia, et caetera.

Je vais alors te donner, avant tout, un très bref résumé des actions qui ont été appréciées plus que toutes autres de la part des Romains et des autres populations de l'empire. Il s'agit d'un petit extrait que mon secrétaire a tiré de mon «Res gestae»:

«À l'âge de dix-neuf ans, par ma décision personnelle et à mes propres frais, j'ai constitué une armée avec laquelle j'ai rendu la liberté à la République opprimée par une faction.»

«J'ai chassé en exil les assassins de mon père, en punissant leur crime par des sentences légitimes. Puis, ayant remporté la victoire dans les guerres civiles qu'ils avaient déclenchées, j'ai épargné tous les citoyens qui ont demandé la grâce.»

«J'ai pacifié la mer, en la libérant des pirates. J'ai augmenté le territoire de toutes les provinces du peuple romain aux frontières de l'empire. J'ai rétabli la paix dans les provinces d'Espagne, des Gaules et de Germanie, ainsi que le long de toutes les eaux côtières de l'Océan, de Cadix à l'embouchure du fleuve Elbe. J'ai pacifié les Alpes, de la région près de la mer Adriatique jusqu'à la mer Tyrrhénienne, n'ayant porté la guerre à aucune population sans juste cause; et j'ai préféré préserver, au lieu de les détruire, les peuples étrangers auxquels on pouvait pardonner sans péril.»

«Pendant mon principat, j'ai pu fermer en trois occasions les portes du temple de Janus, que nos ancêtres voulurent qu'il fut fermé quand on avait assuré par des victoires la paix dans tout l'empire du peuple romain, et qui n'avait été fermé auparavant (depuis la fondation de Rome jusqu'à ma naissance) que deux fois seulement.»

«J'ai refusé la dictature, qui m'était offerte avec insistance par le peuple et par le Sénat, de même que toute magistrature qui fut en contradiction avec les coutumes de nos ancêtres.»

En conclusion, j'ai extirpé les guerres civiles qui outrageaient continuellement la République depuis plus d'un demi-siècle; j'ai arrêté l'expansion incontrôlée de l'empire, en lui attribuant ses frontières naturelles; j'ai établi la sécurité vers l'extérieur et la paix à l'intérieur, ce qui a permis à toutes les populations de jouir d'une prospérité et d'un bien-être croissants pendant plusieurs siècles après mon principat.

Encore plus en bref: j'ai trouvé une ville en briques et je l'ai laissée en marbre. Cela s'applique, comme tout le monde le sait, non seulement à l'architecture de la ville de Rome, mais aussi à tout l'empire du peuple romain et aux institutions de la République.

Je ne sais pas si tu trouves là-dedans quelques-unes de celles que tu appelles des «bonnes actions». À mon époque on a reconnu qu'elles étaient toutes extrêmement bonnes. Ce n'est que pour cette raison que j'ai été investi du pouvoir tribunicien et nommé empereur, Auguste, père de la Patrie, 13 fois consul, prince du Sénat, Grand pontife, augure, quindecimvir préposé aux rites sacrés, septemvir épulon et frère arvale, avant d'être enfin accueilli parmi les dieux au terme de ma vie terrestre.

Vale,

IMP. CÆS. AVG.