Esclavage |
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| Avé ô César, Ma question va te paraître saugrenue, en effet quelques siècles, voir quelques millénaires nous séparent, cependant je tiens à te la poser! Actuellement, je dois pour les études travailler sur l'esclavage antique à Rome et en Grèce et j'aurais voulu savoir ce que tu en penses. Comment ton oeil d'empereur exceptionnellement puissant interprète ce barbarisme qu'est l'esclavage? Merci et j'espère que tu me répondras vite parce que je dois rendre mon dossier dans une semaine! Léa |
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| L'Empereur César Auguste à Léa, salut. Ta question ne me paraît pas seulement saugrenue, mais aussi quelque peu incohérente et illogique. D'un côté tu soulignes les millénaires qui nous séparent, et de l'autre tu penses pouvoir juger mon époque sans t'éloigner des préjugés de la tienne. Dans le monde que j'ai connu, l'esclavage était universellement accepté non seulement chez les barbares, mais aussi chez les Romains et les Grecs. En parler comme d'un «barbarisme» est donc un véritable contresens, qui révèle des idées reçues arrogantes et fourvoyantes. Avant de savoir comment faudrait-il juger ou «interpréter», comme tu le dis, l'esclavage dans l'empire romain, tu devrais tout d'abord mieux connaître le monde dans lequel notre civilisation s'est développée, avec l'ensemble de ses sentiments, de ses valeurs et de ses règles. Après quoi tu devrais approfondir la connaissance de l'univers très complexe de la société romaine, en mettant bien à feu le rôle et l'importance qui y avaient les esclaves et les affranchis. Lorsque tu auras suffisamment compris quelle était la position de ces deux catégories, alors tu pourrais commencer à vérifier un peu plus en profondeur ce qu'était réellement la condition servile à Rome. Sur ce point je me suis déjà exprimé assez longuement dans la lettre qui est placée dans cette correspondance sous le titre «La question servile». Vale, IMP. CÆS. AVG. |