Carthage
       
       
         
         

benbrahim.abd@planet.tn

      Tu as connu Carthage et ses gens (Allyssa)?

Merci

Benbrahim

 

       
         

Auguste

      Non, je n'ai jamais été en Afrique. Lorsque mon père, le divin Jules César, rentra de sa campagne en Afrique, à la fin de l'été de l'an DCCVIII depuis la fondation de Rome (j'avais alors 16 ans), il célébra les quatre triomphes auxquels il avait droit pour toutes ses victoires. Dans cette occasion, il me fit monter sur son char avec un grand nombre de décorations militaires que l'on m'avait données comme si j'avais été son aide de camp pendant la guerre africaine. Mais je n'avais pas pu participer jusque là à ses campagnes, parce que j'étais encore trop jeune quand il était parti. Avec mon père, je n'ai participé qu'à la guerre en Espagne, qu'il entreprit tout de suite après. J'ai commencé à m'occuper directement de l'Afrique vers le début du triumvirat, lorsque j'y ai envoyé mon collègue Lépide. Quatre ans après je l'ai rappelé de là-bas, pour le faire participer à ma guerre contre les pirates qui avaient occupé la Sicile: de Carthage il partit avec mille navires de transport et soixante-dix vaisseaux de guerre pour débarquer dans l'île, mais une grand partie de sa flotte fut interceptée par les pirates.

À la fin de cette guerre, gagnée grâce aux victoires navales de mon ami Marcus Agrippa, je suis rentré très brièvement à Rome. Tout de suite après, je suis retourné encore une fois en Sicile, avec l'intention de me rendre à Carthage. Mais, à cause des tempêtes de l'hiver, j'ai dû renvoyer plusieurs fois le départ de ma flotte, jusqu'au moment où des troubles en Dalmatie m'ont obligé à changer de cap et à naviguer vers la mer Adriatique. Je n'ai plus eu d'autres occasions de visiter la jolie ville de Carthage, mais j'ai connu un grand nombre d'habitants de cette très florissante colonie romaine.

Le nom que tu cites, Allyssa, ne me dit rien. Il me rappelle Elissa, le nom phénicien de la reine Didon, mais ce n'est probablement pas à elle que tu pensais: j'aurais dû vivre mille ans auparavant, à l'époque de mon ancêtre Énée, pour pouvoir la rencontrer.

Vale,