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Très chère Atalante,
Je vois avec plaisir que vous avez rejoint
notre siècle par l'intermédiaire de Dialogus... Je suis touchée et
ébahie par votre parcours de guerrière, votre vie héroïque et intègre.
Je viens de lire, au détour d'un manuscrit contemporain à mon siècle,
que vous avez eu un enfant, Parthénopée. Et une question, de mère à
mère, me vient à l'esprit: comment vivez-vous votre maternité dans
votre siècle? Je salue votre bravoure et vous souhaite la belle journée,
Delphes
Salut à toi, Delphes!
Merci pour ces compliments qui me font rougir!
Je crois qu'être mère n'est jamais facile, à
n'importe quelle époque. J'ai longtemps désiré une
fille et je me disais que si les dieux m'accordaient ce souhait, je
ferais en sorte qu'elle mène une vie semblable à la
mienne. Maintenant, je prends conscience du drame que cela aurait pu
être. Imagine, si j'avais eu une fille détestant la chasse
et les combats! Quel malheur pour moi cela aurait été!
Heureusement, mon fils est tout le portrait de sa mère et de son
père et, comme nous, il se réjouit des voyages de chasse
et des expéditions aventureuses.
Ce que j'ai trouvé le plus difficile fut de le perdre, en un
sens, lorsqu'il devint un homme et quitta le quartier des femmes pour
celui des hommes. Il était si jeune, à peine sept hivers;
et moi, je l'aurais bien gardé encore quelques années.
Et bien sûr, j'ai cette crainte perpétuelle au cœur,
crainte qu'il souffre... Si tu es mère, tu sais ce que je veux
dire. Jamais, avant d'être mère, je n'aurais cru pouvoir
ressentir une inquiétude de cette intensité. Enfin, on ne
peut pas toujours les protéger, n'est-ce pas?
Que ta santé soit bonne, chère Delphes!
Atalante
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