Pour les Bretons! |
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| Grand Arthur ap Uther, C'est une nouvelle ère qui se lève sur la dumonie... Déjà que vostre femme, Dame Guenièvre, vous a trahi et son culte à Isis change le cours de vostre relation... Mais la guerre sévit et les dieux païens perdent de leur pouvoir, contrairement aux chrétiens... et moi... fidèle guerrier, j'attends vos ordres aux frontières, les Saxons sont calmes et lorsque Cedric se décidera à attaquer, nous perdrons la frontière... Je nécessite un grand besoin de vos directions et comment devrions-nous réagir face aux Saxons qui hantent les frontières? Quand porterons-nous l'attaque décisive qui enverra les Saxons dans l'au-delà? Déjà fusse-t-il bien que nous reprîmes Londunum. Espérant vous revoir, vostre seigneur, humblement, Derfel Cadarn |
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| À mon fidèle vassal Derfel Cadarn, De quelle ombre m'écrivez-vous, mon ami? Quelles ténèbres égarent votre âme, interdisent à votre esprit de connaître la paix des braves? De quelles limbes êtes-vous le prisonnier? C'est avec inquiétude que j'ai lu votre missive, fragment détaché de mon passé, perdu parmi le courrier de l'avenir. Je la reçois à présent seulement. Je ne l'ai pas reçue quand vous aviez besoin de moi. Je la reçois trop tard. Et j'hésite, loyal ami, à vous dire ce qui s'est produit, dans ce passé dont surgit votre lettre. Car je suis venu, je suis venu en personne sur la frontière, afin de rappeler en ces temps de troubles que votre roi était aussi votre chef de guerre. Je suis venu. Et nous avons repoussé les Saxons. Mais... Peut-être cependant y a-t-il une autre explication. Peut-être n'êtes vous pas tout à fait le Cadarn que j'ai connu, peut-être votre passé n'est-il pas le mien. Peut-être les quelques druides qui défendent la thèse d'une infinité d'univers aux infimes variations ont-ils vu juste, peut-être m'écrivez-vous de l'un de ces univers. Car, relisant votre lettre, je découvre des différences avec les événements que j'ai vécus: ainsi la Guenièvre qui fut et demeure mon épouse ne s'est-elle jamais adonnée au culte d'Isis. Où et qui que vous soyez, vous portez le nom et la semblance d'un vassal fidèle, d'un homme que j'ai aimé, et vous m'appelez à votre aide. Ne doutez pas: en tous univers Arthur agira de même, et se portera en personne à votre secours, sur la frontière. Ne doutez pas: dussé-je traverser pour cela les brumes d'entre les mondes avec une armée de fantômes, je viendrai. Arthur, qui fut et demeure roi de Logres |