Légende |
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| Grand Roi, Permettez-moi de vous poser quelque questions, et de vous tirer ainsi de votre repos, en Avalon (Avallon?). Quelle est votre légende, précisément? Je n'ai pu la trouver, sauf sous forme de bribes ou d'adaptation. Quels étaient les noms de vos compagnons? Pourquoi êtes vous «Pendragon»? Etes-vous satisfait des adaptations, littéraires, fantasyesques, cinématographiques, et autres, de votre Histoire? Parlez-vous aux autres personnages de ce serveur? Quels étaient vos codes de chevalerie? Etiez-vous chrétien, ou est-ce une déformation dûe au Temps? En espérant, de tout mon coeur, que vous y répondrez, Votre dévoué serviteur, Ser Linmark Tyrell d'Harrenhal |
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| Ser Linmark, Légende et Histoire ne sont pas de même nature. Si de ce que vous appelez ma légende vous avez découvert des «bribes et adaptations», alors vous connaissez ma légende. Une légende, Ser Linmark, n'a pas à être fidèle. Au contraire. Une légende a à vivre. Et pour cela, pour conserver sa force et ses pouvoirs, pour conserver sa magie, elle doit nécessairement changer. C'est cela que sont les légendes: interprétées et réinterprétées, rêvées à nouveau, de mille façons différentes par mille rêveurs différents. C'est ainsi qu'elles vivent, et se transmettent. C'est ainsi que moi-même je vis et revis en rêve ma propre histoire, dans mon Sommeil, c'est ainsi que moi-même je change, afin d'être prêt, le moment venu, à jouer mon rôle dans un monde nouveau. Par ces rêves et par l'aide serviable des Hôtes de cette Nouvelle-Avalon, j'ai pu accéder à certaines des adaptations dont vous parlez. Aucune ne m'a déçue. Elles sont ce qu'elles doivent être: des regards variés portés sur une même histoire, et sur nous. Bien sûr, certaines me sont plus chères que d'autres, parce que plus proches de mon actuelle vision des choses. Mais toutes ont quelque chose à enseigner: à vous enseigner, et même à m'enseigner. Pour le reste, j'ai eu la joie de m'entretenir ici avec deux des êtres les plus chers à mon cœur, deux femmes très-aimées, mon épouse et ma soeur, Guenièvre et Morgane. Si vous souhaitez lire ces lettres, elles se trouvent sur leurs domaines à elles en Dialogus. Lettres intimes, mais qui sont part intégrantes de mon être et de ma vie, aussi ne me refusé-je pas à les voir publiées. Je ne me suis pas adressé à Merlin: il a ses propres occupations, et entre lui et moi tout a été dit depuis longtemps. Il n'est rien de moi qu'il ignore, et il a toujours su parer au risque du regret. Je pense à Merlin avec joie et paix. Puis il est une absence que je regrette, bien sûr. Il est un être auquel j'aurais souhaité parler, plus qu'à tout autre. Mais cela est une autre histoire, et part de mon propre chemin. Quant à ma foi - je fus chrétien, et je fus aussi ce que les chrétiens ont appelé païen. J'ai cru en la Mère et j'ai cru en un Dieu de rédemption et d'amour. Aux temps où je marchais sur la terre, mon incapacité à choisir l'une de ces deux fois, de façon exclusive, fut sans doute une des causes de ma chute. Mais à présent que le temps a passé, à présent que je vois plus sereinement dans le Rêve et les siècles - à présent je ne regrette pas. Car je n'avais pas à choisir entre ces deux facettes du Divin. Personne ne devrait avoir à choisir. Pendragon fut l'épithète de mon père avant la mienne. Un symbole, ce qui veut dire beaucoup - en ce temps plus qu'à présent, peut-être, un symbole était le plus puissant des pouvoirs. Un étendard, ont dit certains: bien sûr, car l'étendard déployé sur un champ de bataille est la façon la plus aisée de répandre ce pouvoir. Un héritage, celui de mes plus ancestrales origines. J'ignore si en votre temps il a encore sens et pouvoir. Peut-être les Dragons dorment-ils comme je dors. Peut-être ont-ils changé de nom et de forme pour s'insérer dans ce monde nouveau. Mais n'en doutez pas: ils sont là, d'une façon ou d'une autre. Et il en est un qui s'est glissé dans votre lettre: mais à cela j'ai déjà répondu, dans l'épître titrée «Compagnons». Quant à votre offre de service, je l'apprécie, et vous en remercie, mais ne puis l'accepter. Car en ce temps ce n'est pas de serviteurs dont j'ai besoin. Cependant vous portez un beau nom, Linmark Tyrell d'Harrenhal, et je ne doute pas que vous saurez servir au mieux ceux qui plus que moi le méritent. Arthur, qui fut roi de Logres |