Guenièvre et Lancelot |
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| Classe de 4F St Joseph du Loquidy A Nantes, le 1er Décembre 2003 Mon divin roi, Je vous écris pour vous demander des renseignements sur votre vie et pour vous prouver mon admiration. Premièrement, cela est-il vrai que votre femme Guenièvre vous avait trompé avec votre meilleur ami Lancelot, comment avez-vous vécu la chose, positivement ou négativement? Avez-vous, après, adressé la parole à Lancelot et à votre femme? Mais aussi avez-vous été en possession de l'épée Escalibur. Et enfin, le but de ma lettre vous dire ma plus grande admiration. Mes sentiments distingués. Adrien votre plus grand fan |
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| Jeune seigneur Adrien, C'est avec joie que j'ai reçu et lu votre lettre. L'admiration que vous me portez, je ne suis pas sûr de la mériter, mais j'en suis ému. J'en suis ému par orgueil, peut-être, mais aussi parce que vous êtes très jeune, et que je retrouve dans votre enthousiasme quelque chose qui me rappelle ma propre enfance, et mon admiration infinie pour Merlin. J'en suis ému aussi parce que vous m'écrivez de Petite Bretagne. Et parce que vous portez un beau prénom, celui d'un roi qui a été l'un de nos envahisseurs mais aussi un grand souverain et un grand fondateur, et que Merlin lui-même respectait. Ainsi je vous remercie, jeune Adrien, car votre lettre m'apporte bien plus que je ne pourrai jamais vous apporter. J'aurais aimé vous connaître, vous voir rire et combattre et chanter parmi les jeunes écuyers de Camelot. Cela ne sera pas. Je m'efforce de répondre à vos questions. J'ai bien été, pendant de longues années, le gardien de l'épée Excalibur, que j'ai reçue des mains de Merlin et de la Dame du Lac, et que j'ai tâché de brandir avec honneur, toutes ces années. Je n'y ai pas toujours réussi. Quand la fin est venue, j'ai fait en sorte qu'elle soit rendue à la Dame, pour qu'elle puisse à nouveau en disposer à son gré. Cela au moins, j'ai pu le faire. Vos autres questions sont sombres. Elles me renvoient à mon plus grand échec, à mon plus grand remords. Oui, Guenièvre et Lancelot se sont aimés. Et, non, je n'ai pas su le comprendre. Je n'ai pas su (ou pas voulu) comprendre que leur amour ne diminuait en rien celui qu'ils me portaient. J'ai refusé de croire que Guenièvre pouvait aimer deux hommes, que Lancelot pouvait aimer et sa reine et son roi. Et c'est mon refus, ma colère, qui ont provoqué le désastre final. Si j'avais accepté, jamais Lancelot et ses alliés ne se seraient retournés contre le reste de la Table Ronde. Jamais les chevaliers ne se seraient entretués. Jamais mon fils Mordred et moi ne nous serions affrontés. Jamais mon royaume ne se serait englouti dans le feu et le sang. Vous voyez, jeune Adrien, que je suis bien indigne de votre admiration. Mais j'ai été heureux de la lire, et je me tiendrai toujours prêt à vous entendre et à vous parler, de ma lointaine retraite. Arthur, qui fut roi de Logres, et n'a rien de divin (comme vous m'avez fait l'honneur de me l'écrire), mais un homme. Imparfait. |