Guenièvre |
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| Bonjour Arthur! Je suis si heureuse d'avoir trouvé un moyen de communication pour te dire à quel point je te voue une grande passion à toi, le haut roi de Bretagne et à ta légendaire épée. Rassure-toi tout de suite, j'ai 16 ans (bientôt 17) et je ne suis pas «trop jeune» comme tu dis aux autres, pour juger de ce que tu as fait de bien ou mal. Tu faisais régner une grande justice, donnais de l'espoir à tout ton peuple, remportait les batailles contre les méchants envahisseurs etc... et tu as uni la Grande-Bretagne. Ne pleure pas sur tes négligences sur ta chère épouse Guenièvre car elle t'aimait, mais l'amour nous joue des tours car malgré elle, Lancelot, qui l'a conduite à toi, l'a aimé dès le premier regard. Ce qui m'amène à te poser cette question: est-ce qu'au fond de toi tu accordais plus d'importance à Guenièvre ou à la renommée de la Bretagne? Ps: Je serai toujours ta plus grande fan et tu es (si je peux m'exprimer ainsi) le crémage du Moyen-Âge. Valerie |
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| Demoiselle qui avez l'âge d'être appelée
dame, Ai-je vraiment dit cela? Ai-je prétendu que la trop grande jeunesse de certains les empêchait de discerner le bien du mal? Si je l'ai fait, alors vous avez raison de me le reprocher, car j'ai eu tort. Il est heureux que la vieillesse ait quelques avantages sur le jeune âge, mais certainement elle n'a pas celui-là. La frontière entre bien et mal va s'émoussant avec le temps. L'âge nous incite à la nuance, au compromis, brouille les couleurs tranchées de l'enfance. Si j'ai dit cela, j'ai eu tort. La question que vous me demandez d'affronter est difficile. Ai-je aimé Guenièvre plus que mon royaume? Auquel de ces deux devoirs, de ces deux amours, ai-je accordé le plus de temps et d'énergie? C'est une question qui réveille de vieux démons, de vieilles disputes. J'ai essayé, souvent, de préserver un équilibre entre ces deux forces - trois, si je leur ajoute Morgane. J'ai essayé de les fusionner, de nous convaincre que l'amour de la reine et du royaume étaient indissociables. De faire en sorte qu'ils le soient. Mais j'ai échoué, sans doute. Car Guenièvre quelquefois a souffert d'être négligée en faveur des affaires du royaume. Et finalement le royaume a souffert et succombé à la folie de mon amour et de mon orgueil. Parce que j'avais fait en sorte que le rêve soit un - que le royaume, mon amour pour Guenièvre, pour Morgane, pour Mordred et pour Lance aussi, soient indissociables - tout s'est écroulé dans le même temps. Parce que j'ai échoué à répondre à cette question, j'ai perdu et Logres et Guenièvre. Merci, demoiselle, de me rendre une telle justice. Merci. Arthur, qui fut roi de Logres |
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| Sire, Vous me comblez de joie en m'appelant dame. Je tiens à m'excuser cependant de vous faire affronter ces questions difficiles que je vous pose, mais il m'en reste deux autres. Guenièvre vous confiait-elle ses sentiments face à cette négligence? Ne faites pas lieu d'une telle humilité à votre égard (même si c'est une des primes qualités d'un chevalier), car vous êtes la dernière personne qui mérite un rabaissement. J'en ai lu des livres qui parlent de Guenièvre et de sa vie et elle a affirmé qu'elle vous aimait plus que la vie! Votre admiratrice à jamais, Valerie |
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| Dame, Écoutant vos paroles, je n’entends qu’une question, et non les deux que vous annoncez. Guenièvre était, est, comme moi, à la fois reine et femme. Fière, consciente de ses devoirs. Je n’ai jamais entendu un mot de plainte sortir de ses lèvres. Jamais, même aux pires moments. Sans doute est-ce ainsi que cela a commencé: ces regrets, ces sentiments, cette tristesse, sans doute est-ce auprès de Lancelot que Guenièvre les a épanchés, avec discrétion, avec pudeur. Je ne doute plus, à présent, de son amour. Mais j’ai la faiblesse d’aimer malgré tout à l’entendre redire. Et je vous remercie, dame. Arthur, qui fut roi de Logres |