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Le roi Arthur

     
   

Emrys

    Salut à vous, roi Arthur,

Je suis Emrys, ton prédécesseur, et je suis heureux de pouvoir te parler.

As-tu finalement défait les lloegriens?


Mon Seigneur,

Parmi les esprits et les fantômes dont j'ai croisé la route, jamais je n'avais entendu votre voix. J'en suis honoré, et peut-être ému.

Je me suis toujours interrogé sur les rois qui m'ont précédé, je me suis toujours demandé s'ils approuveraient mes actes. C'est la réaction de tout fils élevé loin de son père, je suppose. Et Merlin parlait de vous avec une certaine affection.

Mais les choses ont changé depuis votre temps, l'équilibre des forces s'est modifié. Les Lloegriens sont à présent mes sujets, au même titre que les Cymry.

Puissiez-vous connaître la paix.

Arthur, Brenin


Pardonnez-moi si je vous écris un peu tard. J'ai consulté les anciens rois et chefs qui vous ont précédé et ils vous approuvent et jugent que vous avez été le plus grand roi de la Bretagne, nous avons levé nos verres en votre honneur.

Je suis flatté que Myrdin se souvienne de moi, pouvez-vous me donner de ses nouvelles?

Une question subsiste: qui furent vos adversaires sinon les lloégriens?

Gloire à vous, Arthur au front brillant,

Emrys


Seigneur,

Votre voix me parvient de loin. De plus loin, sans doute, que celles des gens de l'avenir, distants de tant de siècles. Merlin le disait bien: le passé, même vieux de quelques années, est irrémédiablement plus loin que le futur, car jamais nous ne rattraperons le passé. Aussi n'est-ce pas étonnant que vos paroles arrivent si lentement jusqu'à moi.

Merlin, ou Myrddin, comme l'appellent les Cymry, s'est désormais retiré des destinées de la Bretagne. Mais je ne doute pas qu'il veille encore sur nous à sa manière.

Les plus farouches adversaires de mon règne furent les peuples venus de l'Est qu'on appelait les Saxons: rudes, avec d'étranges et de sanglantes coutumes orientales, mais de dignes et de vaillants guerriers néanmoins. Certains d'entre eux sont même devenus mes sujets.

Merci de vos paroles, seigneur. L'approbation de mes ancêtres et des chefs qui m'ont précédé est le plus grand des honneurs.

Arthur ab Uther, Brenin



Il est écrit dans le livre Merlin Cycle de Pendragon II (Stephen Lawhead, Livre de poche) ceci:

«Bien des années ont passé depuis que je me suis éveillé à ce monde. Trop d'années de ténèbres et de mort, de maladies, de guerre et de mal. Oui, beaucoup de mal.

La vie était jadis radieuse comme le lever du soleil sur la mer, ou le reflet de la lune sur l'eau, lumineuse comme une vive flambée, étincelante comme le torque d'or au cou de mon grand-père Elphin. Radieuse, et comblée de tous les bienfaits.

Je sais bien que chacun aime à se souvenir des débuts de son existence comme d'un âge d'or, mais mes souvenirs n'en sont pas moin réels.

Merlin... curieux nom. Peut-être. Nul doute que mon père aurait aimé m'en donner un autre. Mais il faut pardonner à ma mère. Merlin -Myrddin dans la langue de mon père- me va bien. Cependant, chaque homme a deux noms: celui qui lui est donné et celui qu'il se fait.

Emrys est le nom que je me suis acquis parmi les hommes et il m'appartient. Emrys, Immortel... Emrys, Divin... Emrys Wledig, roi et prophète de son peuple. Ambrosius pour les peuples de la langue latine, et Embries pour ceux du sud de la Bretagne et de Lloegres.»

Voilà, vous savez d'où je tiens mes informations, et je vous préviens d'avance; dès que j'ai fini ce livre, je commence le troisième du cycle intitulé: Arthur!



Sire Nicolas,

J'ai déjà répondu dans le passé à la question implicite que vous posez. Nombreux sont les récits des bardes parlant de Merlin, de moi-même et de mes chevaliers. Je m'en réjouis. Tous ceux dont les gens de votre temps m'ont parlé sont beaux. Tous contiennent une part de vérité. Tous se rejoignent sur certains points.

Le conteur dont vous lisez le récit écrit en belle et bonne langue, et ses propos sonnent comme les miens : Emrys en gallois, Ambrosius en latin, y est bien le nom que Merlin (Myrddin dans la langue des Galles) s'est acquis parmi les hommes, le nom que les hommes lui ont donné.

Parfois ces contes sont plus éloignés de mes souvenirs. Je n'y attache aucune importance. Vous interrogez, et je réponds, avec le regard et la mémoire d'un enfant, d'un vieil homme, d'un roi et d'un amant. Et vos bardes répondent, avec leur propre regard, leurs propres amours, leurs propres mémoires. Toutes ces réponses sont importantes et belles. La vérité, s'il existe une telle chose, n'est que dans l'esprit des Dieux.

Arthur qui fut roi de Logres