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laurent.minaud@cegetel.net |
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Des renseignements |
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| Bonjour Sire, Nous faisons un exposé sur Guenièvre et Morgane et nous aimerions savoir ce qui les lie. Nous attentons votre réponse avec la plus grande impatience. Merci d'avance, Jennifer et Lucie Demoiselles, Il serait horriblement vaniteux, n'est-ce pas, de répondre que c'est moi-même qui les lie? Et que ce lien les rapproche et les sépare à la fois, qu'elles ne se sont jamais entendues et que c'est probablement à cause de moi. Mais ce serait une réponse incomplète et simpliste. Je pourrais aussi répondre que c'est leur nature féminine qui les lie, mais vous me diriez, à raison, que c'est bien là une réponse d'homme, et que les femmes peuvent être très différentes les unes des autres. Le fait est qu'elles sont très différentes. Ombre et lumière, ont dit certains: Guenièvre serait le jour, la glorieuse lumière solaire de la royauté et de la générosité, l'or des cheveux, la clarté des sentiments, la partie sociale, politique, publique de l'être. Morgane serait l'inquiétante nuit, l'inconnaissable, le danger, le vieux mystère des femmes et des sorcières, le secret nécessaire aux alchimistes et aux amants adultères, la partie cachée de l'être où sont les rouages de l'esprit et les pulsions interdites. Cela aussi est simpliste, mais évoque en moi un écho intime et bien-aimé. Si elles sont la lumière et l'ombre, alors à elles deux elles sont le monde. Et c'est ce que j'ai toujours pensé. Ce qui les unit? Leur beauté, leur force, leur noblesse, leur grandeur. Leur capacité au pardon, malgré tout - et dans ce "tout" il y a la folie des hommes et surtout ma propre folie. Je n'ai pas mérité cela, je ne sais ce qui m'a valu cette grâce folle d'être aimé par les deux plus belles, les deux plus grandes dames de mon temps. Je pense à elles, et même sans moi, je ne crois pas qu'elles se seraient entendues. Malgré leurs qualités communes, elles avaient choisi des chemins trop différents, elles en étaient venues à vivre dans des mondes trop différents. Elles ne pouvaient pas se rencontrer vraiment. Peut-être le pourront-elles un jour, si le monde change. Je désire et crains ce moment. Soyez remerciées, demoiselles, pour avoir donné à un vieil homme l'occasion d'évoquer de tous les sujets le plus cher à son coeur: les deux femmes que je n'en finis pas d'aimer. Arthur |
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