Cirous
écrit à

   


Le roi Arthur

   


Comment garder espoir?

    Votre majesté,

Avant tout, permettez-moi de vous remercier au nom de l'humanité, car de tous les rois vous seul avez su faire vibrer l'âme des hommes, pour les tourner vers de meilleurs lendemains. Si je me permets de vous déranger durant votre repos sur Avalon, c'est pour vous demander votre assistance, j'ai un problème. J'ai toujours réussi à croire en l'humanité, même quand celle-ci se comporte de façon ridicule; j'ai toujours réussi à croire que l'on pouvait changer le monde, même quand les hommes me prouvaient le contraire, mais depuis quelque temps je me surprends à perdre espoir, à trouver que finalement tout ceci, ce monde, cette vie n'ont en fait aucun sens. Ma question est donc la suivante: comment avez-vous réussi à toujours garder espoir? Comment continuer à se battre, même quand on est dans le noir le plus total? À quoi se raccrocher, quand il n'y a plus d'étoile dans les cieux?

Merci de votre attention bon roi Arthur,

Cirous


Vous m'honorez, Cirous.

Savez-vous... je n'ai pas toujours gardé espoir. Je ne suis qu'un  homme, point différent de vous, et il m'est arrivé de douter comme  vous, de désespérer comme vous. Sur un point cependant vous faites erreur. Il y a toujours des étoiles dans les cieux. Et même davantage: il y a  toujours une étoile au ciel, pour vous. Seulement il nous arrive de ne pas la voir, de ne plus même ouvrir  nos yeux sur la voûte du ciel.

Il y a toujours des étoiles, toujours des coeurs qui battent, toujours des phares allumés dans la nuit aux fenêtres des maisons, toujours des femmes qui offrent un sourire en vous croisant, sans  rien demander en échange. Toujours des enfants qui vous regardent avec confiance et vous laissent sécher leurs larmes. Et il y a toujours des forces en vous. Le sens est là, Cirous. Le sens du monde est là, tout simplement, dans le fait que les hommes comme vous et comme moi continuent à se  battre même quand ils désespèrent. Et le monde nous remercie toujours de nous battre, de la façon la  plus inattendue et la plus touchante.

Vous êtes de ces hommes que le monde remercie, de ces hommes qui sortent vainqueurs à l'aube de leur lutte contre les ténèbres. Et justement à cause de cela, vous êtes digne d'être appelé un homme.

Vous êtes de ceux auprès desquels je me tiendrai toujours, non comme  un roi, mais comme un frère. Car il n'y a pas de roi et de sujet dans  ces heures sombres où la nuit gagne, où le désespoir suinte. Il n'y a que des hommes, que l'ombre rapproche, dos à dos, épaule contre épaule.

Arthur