milielucie@yahoo.fr
écrit à

   


Le roi Arthur

     
   

À la cour de Votre Majesté

    Messire Arthur,

Je me permets de vous importuner en ce jour pour vous demander quelques précisions sur votre si grand règne. En effet, j'aurais aimé que vous me fassiez part de vos rapports et de l'organisation de Votre Cour que vous teniez dans ce beau pays qu'est l'Angleterre.
Veuillez accepter ma plus sincère admiration et bienveillance à votre égard, Vous, notre grand souverain à tous et pour toujours.

Une modeste étudiante à votre service
 

Demoiselle qui étudiez,

Je ne puis que louer votre désir de savoir, mais votre requête me laisse un peu perplexe. J'avais coutume de laisser ces questions à mon Sénéchal, dont peut-être vous gardez souvenir, et aux dames de la cour –ma Reine la première.

Je puis cependant vous dire que ma «cour» était un principe, non pas un lieu. La cour était la demeure qu'occupait le Roi ou la Reine de Bretagne, et cette demeure variait selon les saisons et les besoins du royaume. C'est en ce lieu toujours changeant que nous tenions cour de justice, pour répondre aux plaintes de nos sujets, c'est en ces lieux que devaient nous rencontrer les émissaires étrangers, en ces lieux que les bardes cherchaient la renommée, que les jeunes gens venaient recevoir cet enseignement de chevalier dont tant rêvaient et qui quelquefois les décevait, je le crains. Le décor n'importait pas. Ce qui faisait sa grandeur et sa force, c'étaient les êtres qu'on y rencontrait. Non pas seulement ma personne, mais aussi la royale beauté de Guenièvre, la force et la courtoisie de mes chevaliers, la force aussi des liens qui nous unissaient tous. La magie, le pouvoir, étaient là.

Soyez remerciée pour votre gracieux hommage, et assurée que je reste prêt à satisfaire vos requêtes,

Arthur, qui fut roi de Logres