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AlexandreA105505@aol.com |
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D'Artagnan |
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| Cher Aramis, C'est un privilège d'écrire à l'un des mousquetaires les plus courageux du 17e siècle. Vous êtes un personnage marquant de par votre célèbre courage. Vous avez un immense respect et une grande amitié, je n'en doute pas, envers d'Artagnan (je parie que vous allez lui envoyer une missive), même si j'ai cru penser que ce dernier était plus proche de Porthos et d'Athos. Quelle fut votre première impression en voyant pour la première fois d'Artagnan? Dans l'épilogue du livre de Dumas, il est écrit que vous êtes dans un couvent de Nancy: que faites-vous là-bas? Bien à vous, Alexandre 14 ans Jeune Alexandre, Enfin, un message du futur, le tout premier par la voie de Dialogus! Je considère comme un signe du ciel qu'il me parvienne par la plume d'un si jeune homme et je me sens très honoré de ces compliments venant de quelqu'un qui ne me connaît que par ouïe dire. Certes, je fus mousquetaire pendant une quinzaine d'années au service du roi Louis XIII et j'ai combattu souvent l'épée à la main sur des champs de bataille ou ailleurs. Et personne ne m'a jamais traité de lâche, ou il n'aurait pas vécu assez longtemps pour le dire deux fois! En ce temps-là, nous étions jeunes et tellement susceptibles... Mais je dois à la mémoire de tous mes camarades morts au combat de rétablir la vérité: je n'étais pas le seul à afficher mon courage. Nous en avions tous à revendre et nous n'avions pas d'autre richesse que ce courage-là et notre loyauté. Chaque jour que nous vivions était peut-être le dernier et nous le vivions intensément. La compagnie des mousquetaires était notre famille, et l'amitié qui nous unissait, le feu de bois qui nous chauffait le coeur. Aujourd'hui, je suis toujours en relation avec le comte d'Artagnan qui est capitaine de la première compagnie des mousquetaires du Roi et, bien sûr, l'amitié et le respect mutuel qui nous unissent ne disparaîtront qu'avec nous. Vous n'avez pas tort de dire que d'Artagnan était très lié avec Porthos et avec Athos, mais je connaissais Athos bien avant lui! Vous souhaitiez connaître mes impressions lors de ma première rencontre avec le jeune Charles de Batz? Il tentait depuis un moment de se faire intégrer chez les mousquetaires de Mr de Tréville et c'était un pilier de salle de garde. Il ne se décourageait jamais et renouvelait sa demande tous les jours! C'était déjà un jeune homme brillant. Il avait fait ses armes dans les gardes françaises et il était déjà apprécié comme soldat et comme camarade. Porthos nous l'a présenté à Athos et moi-même. Il a tout de suite plu à Athos. Athos disait qu'un Gascon monté sur un cheval jaune devait avoir des nerfs à toute épreuve (pour passer outre les railleries) et que c'était par conséquent une bonne recrue. Personnellement j'étais plutôt réservé. Je le trouvais beaucoup trop bien pour que cela ne cache pas quelque chose. Sa franchise me déconcertait. Je me demandais si c'était de la naïveté ou de la maladresse! (Qui peut être assez bête pour ramasser un mouchoir brodé devant tout un corps de garde?) Mais nous avons très rapidement eu l'occasion de nous battre côte à côte et je dois dire que très rapidement, j'ai dû me rendre à la conformité des apparences: d'Artagnan jeune était déjà quelqu'un d'exceptionnel et j'ai très vite été fier d'être son ami. Je ne connais pas le livre de Dumas dont vous parlez, ni Dumas non plus. Le premier n'a pas encore été écrit et le deuxième n'est sans doute pas encore né au moment où je vous écris. Ce que je puis vous dire, c'est que j'ai été en Lorraine plusieurs fois pour y faire la guerre et que j'ai bien connu quelques couvents: j'ai une faiblesse pour ces endroits-là... Mais un couvent près de Nancy? J'aime croire que Mr Dumas aura écrit que c'était pour y rencontrer une belle et noble dame. Si cette égérie s'appelle Marie, c'est que mon âme a dû souffler quelque doux souvenir à ce prolifique écrivain auquel je dois sûrement ma postérité en votre siècle! Je vous salue, jeune Alexandre. Acceptez les voeux d'un vieux mousquetaire qui vous souhaite de vivre en votre temps une vie longue et riche. Aramis Cher Aramis, Cher Alexandre, |
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