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perry.jean-pierre@wanadoo.fr |
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Ta jeunesse |
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| Ave Marcus-Antonius, Je m'appelle Nancy et je fais un exposé sur vous. J'aimerais donc connaître un peu le Marc-Antoine dont tout le monde parle. Si vous pouviez me parler de votre jeunesse ce serait très bien pour moi. Merci d'avance. Salve Marcus Antonius De Marc Antoine à Nancy, Salve! Avec ta permission, je commencerai par dire quelques mots de ma famille. Mon grand-père, qui se nommait Marcus Antonius comme mon propre père et moi-même, fut le premier grand homme de la famille. C'était d'ailleurs une tradition familiale que les aînés mâles portent ce nom. Il fut surnommé l'orateur en raison de ses talents de rhétorique et le premier, il introduisit à Rome les règles scientifiques de l'art de la parole. Élu Consul en 654 après la fondation de Rome (ce qui doit correspondre à -99 de ton calendrier, pour ta facilité, je vais essayer de l'utiliser), il fut assassiné par les partisans de Marius (parti populaire) en -87. Tous le considéraient comme un grand dirigeant politique et un bon chef militaire. Mon père ne lui ressemblait pas beaucoup... C'était un homme bon et très généreux. Il donna un jour son plat à barbe en argent à un ami qui avait des soucis d'argent et n'osa l'avouer à ma mère qu'après qu'elle eut menacé de faire torturer les esclaves pour trouver les coupables de ce «vol»! Chargé de lutter contre les pirates qui empêchaient les convois de blé d'atteindre Rome, il mourut en Crète en -72 après avoir lamentablement échoué dans sa mission. Il fut surnommé par dérision Créticus, ce qui ne veut pas dire qu'il avait vaincu les Crétois mais qu'il était un homme de craie, ce qui n'est pas très flatteur. J'avais environ dix ans et je l'avais très peu connu. Il ne laissait derrière lui que des dettes et ses trois fils dont j'étais l'aîné. Nous avons donc été élevés par notre mère qui dans sa situation n'avait pas d'autre choix que de se remarier. Celle-ci était une Julia et donc de la famille, mais d'une branche différente, de Caius Julius Caesar. Elle épousa en secondes noces Publius Lentulus Cornelius. Un brave homme comme mon père mais aussi peu doué pour la vie politique que lui et tout autant couvert de dettes... Consul en -71, il fut ensuite chassé du Sénat. Il aurait un peu trop puisé dans les caisses de l'État pour refaire sa fortune. À nouveau sénateur en -63, il trempa dans ce qu'on a nommé la conjuration de Catilina et fut étranglé à l'instigation de Cicéron dans la prison du Tullianum. À 20 ans, j'avais perdu mon père et mon beau-père. Ma jeunesse ne fut donc pas de tout repos même si j'ai bien sûr reçu l'éducation classique de tout Romain issu d'une famille noble. Cela comprend donc l'étude non seulement du latin mais aussi du grec, de la grammaire, de la rhétorique, les exercices militaires au champ de Mars... Néanmoins, à partir de seize ans, je me suis surtout occupé du vin et des femmes. J'avais rencontré Curion et Clodius qui furent mes deux meilleurs amis et pendant quelques années nous avons mené une joyeuse vie sans trop nous soucier du lendemain. J'étais déjà ruiné, tu penses bien que cela n'a rien arrangé. C'est le père de Curion qui mit fin à l'aventure en nous interdisant de nous voir et en payant nos dettes. Nous nous sommes retrouvés plus tard en politique. Je m'étais bien amusé mais que pouvais-je faire sans famille ou presque, sans un sou pour tenir mon rang et commencer ma carrière politique? Je me suis marié. Il me restait en effet un oncle, le trop connu Caius Antonius Hybrida. Il avait fait une première fois fortune en profitant des biens des citoyens proscrits par Sylla lors de sa dictature. Chassé lui aussi du Sénat, il fut pourtant élu Consul en -64 (avec Cicéron!). Il commandait l'armée qui a écrasé les rebelles, ses anciens amis. Un personnage parfaitement odieux que César avait fait mettre en accusation pour avoir torturé des hommes libres lors de son proconsulat. Je ne sais pas si c'est vrai mais je me souviens avoir dû battre ma femme, sa fille, qui voulait en faire autant avec les esclaves de la maison. En tout cas, ma situation financière était rétablie et j'ai pu partir en Grèce parfaire une instruction que j'avais un peu négligée ces dernières années. Il était en effet de bon ton pour les jeunes aristocrates romains de venir s'instruire au moins un an à Athènes. C'est là en -57 que le proconsul de Syrie, Aulus Gabinius fit escale avant de rejoindre son gouvernement. Il me proposa de l'accompagner comme chef de la cavalerie. J'acceptai et je crois que c'est là que je tournai définitivement la page de ma jeunesse. J'avais 25 ans. J'espère avoir pu te fournir les renseignements que tu souhaitais. N'hésite bien sûr pas à poser d'autres questions si tu le souhaites. Vale in pace deorum! Marc Antoine. |
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