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Antigone

     
   

Sublime, forcément sublime

    Sublime, toi-même, forcément sublimes, tes réponses, Antigone!

Quel talent! Quel art de la fugue aussi (fugue et fuite sont cousins latins, non?)

Cela dit, parce que je viens de lire (et relire) certaines de tes subtiles réponses aux mortels qui te consultent comme un oracle (ô désespoir, -dirait Corneille- j'en suis moi-même!)

Quelle délectation tout de même!

Merci encore!

C.S.


Vous revoilà donc Mon Frère, qui ne désarmez pas, et posez à mes pieds un discours casqué de tant de références que je dois me faire Pénélope pour en dévider les mille fils entremêlés…BR>
Sublime, forcément sublime? Je ne suis pas mère d'un enfant mort, aucun écrivain myope ne me visite pour s'exprimer dans aucune libération, et si les courriers sont anonymes, aucun corbeau ne plane sur Thèbes. Ici, ce sont les pères que l'on tue et les mères qu'on épouse, les fils qu'on laisse sans sépulture et les tyrans que l'on fait tourmenter par de jeunes filles.

Quant à l'art de la fugue… je n'entrelace mes réponses d'aucun message dessinant mon nom, soyez-en sûr. Il me suffit de signer, comme je fais, pour que vous vous délectiez:

Antigone


Sublimissimes, tes deux réponses.

Je n'en attendais pas moins (sans vraiment oser l'espérer), allais-je dire, mais (une fois de plus) tu dépasses mes espoirs. Je t'en sais un gré infini.

Je vais d'ailleurs me sentir obligé de te comprendre/entendre de mieux en mieux, tant ta fine éloquence et tes subtiles et musicales allusions (Jean-Sébastiennes notamment) bercent mon coeur d'une douceur indicible (On voit bien que tu fréquentes des dieux!).

Et vertigineusement intelligentes (c'est le cas de le dire vu les fils tissés, dépliés ou impliqués, au fil de tes métaphores, filées, comme on dit chez nous; et obligé en fait partie, tant cela aussi tient du lien).

Merci pour le très bouleversant (au sens propre) poème sur ces Barbares qu'on attend du dehors, et qu'on connaît si bien (d'où nous vient donc cette fine connaissance que nous avons/aurions d'eux?) quoiqu'ils n'existent pas, sinon en nous-mêmes...

(et c'est pour cela sans doute que nous les connaissons si bien).

PS: Tu finirais par me faire entendre l'âme que je ne crois pas vouloir avoir en moi, tant tes mots la font quasiment hurler d'acquiescements!

Je te rends grâce (et les armes en même temps, à supposer qu'il y en eût)

C.S.


Mon frère, je vous salue, et puisque vous m'en faites présent, je prends vos grâces et vos armes rendues: ainsi au moins m'assurerai-je que vous n'en fassiez pas mauvais usage, vous abusant des unes et vous blessant des autres… Gardez-vous donc à droite et gardez-vous donc à gauche, et revenez me voir lorsque les dieux, les hommes et les jeunes filles se liguent pour vous faire perdre la tête, nous trouverons bien ensemble un remède à vos mots.

Votre soeur amusée:

Antigone