À tort
       
       
         
         

bockn@hotmail.com

      Bonjour, ô Antigone,

Il y a une question que je me pose depuis assez longtemps maintenant et j'espère que grâce à ta philosophie j'arriverai à me convaincre d'avoir fait le bon choix.

Aurais-je eu tort de refuser l'amour passionné pour avoir été offensée dans mes principes? J'ai essayé de prendre du recul pour pouvoir trouver une réponse à cette question mais sans succès. J'en ai parlé à mon amie mais je crains qu'elle n'ait pas compris la raison pour laquelle j'ai dit «non». La seule raison est que j'attache beaucoup d'importance au besoin d'être respectée par les êtres chers à mes yeux.

Je te salue en espérant pouvoir trouver un réconfort dans ta réponse qu'il me tarde de recevoir.

B.

 

       
         

Antigone

      Femme presque anonyme, Antigone vous salue!

Vous me demandez, Passante, bien des présents que je ne pourrai vous offrir, parce que je ne les possède pas...

Ma «philosophie»? Je n'ai pas de philosophie, juste ma liberté, là, qui bouge dans ma gorge et quelquefois m'étouffe, comme si elle présageait de ce qui un jour ou l'autre me fera mourir. Quant à savoir vous convaincre d'avoir fait un «bon» choix, ou vous apporter du «réconfort», voilà des besognes qui me sont étrangères car j'apporte des orages et non des accalmies... Mais vous m'avez interrogée, je répondrai donc. Vous avez refusé un amour car vous en préfériez un autre, celui du regard de ceux dont vous attendez avec tant de trouble le respect. Ce sont ceux-là que vous aimez. Si vous en êtes heureuse, tant mieux, vous voilà réconfortée. Et si vous n'en êtes pas tout à fait heureuse, demandez-vous donc ceci: que sont donc ces gens qui vous font payer de vos amours refusées le prix de leur respect? Allons, vous êtes sur le bon chemin, faites encore un effort...

Que les dieux vous protègent, Femme presque anonyme, je signe, moi, Fille d'Oedipe et Jocaste, la petite Antigone