Esther
écrit à

Alice
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Alice,
Chère Esther, Bien sûr, tu peux te confier à moi; je suis comme nombre de petites filles, heureuse de partager nos petites confidences... Tu as raison d'écrire que parfois la vie est si difficile qu'on ne sait comment s'en sortir. Tu dis être perdue dans un monde qui n'est pas le tien, aussi te faut-il trouver ton monde à toi. Personne «ne pourra me sauver», dis-tu, mais toi, que peux-tu faire pour toi? N'as-tu pas un ami, une amie, une sœur avec qui tu pourrais parler de toi? Certes non, on ne grandit pas en buvant du poison, mais en poursuivant son chemin sans se décourager jusqu'au moment où l'on entend quelqu'un nous appeler par notre nom; comme pour moi: lorsque le lapin blanc a dit «Alice», j'ai alors compris que toutes mes peurs n'étaient qu'un jeu de cartes et je suis sortie de ce mauvais rêve. Pourquoi n'y parviendrais-tu pas toi aussi? Veux-tu m'écrire encore? Je serais très heureuse d'avoir de tes nouvelles, et n'oublie pas: je suis ton amie, alors à bientôt j'espère. Je t'embrasse fort et je te remercie de m'avoir écrit. Alice. Chère Alice, Ta lettre m'a fait beaucoup de bien. J'ai moi aussi l'impression de courir derrière un lapin blanc qui ne veut point s'arrêter et j'espère qu'il ne m'emmènera pas trop loin jusqu'à ce que je tombe dans son terrier -quoiqu'au fond, je pense que ça ne me dérangerait pas. J'aimerais avoir un avant-goût du pays des merveilles. J'espère que je réussirai à y goûter un jour car ici, c'est plutôt celui des cauchemars. Je pense fort souvent à toi, et j'essaie de faire en sorte d'aller mieux. À la prochaine, peut-être à ce soir, il se pourrait qu'on se retrouve dans un rêve. Bien à toi, Esther.
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