Chloé, Louise et Chloé de Gaule
écrit à

Achille
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Salutations à vous trois! Trois dames, tant de questions… Je répondrai tout d’abord à la dernière de vos questions. Chaque homme décide un jour s’il vivra dans la crainte et calculera chacun de ses gestes et paroles en fonction de ses peurs ou s’il vivra intensément sans entraver son mouvement par des considérations de couard. Quelle différence cela fait-il de mourir jeune? Que gagne l’homme prudent: quelques années de misère! Je suis un guerrier, chères dames, j’affronte la vie, je ne la regarde pas défiler car de toute façon, elle passe pareillement pour celui qui s’agite comme pour celui qui dort. Les alliances entre monarques sont toujours conflictuelles. Nos royaumes sont constamment agités par, soit les rivalités qui nous opposent, soit les amitiés qui nous unissent et ces constantes variations des humeurs des puissants forment les vagues sur lesquelles navigue le peuple. Deux cités peuvent très bien combattre l’une contre l’autre un été et s’unir l’été suivant pour en attaquer une troisième. Je suis venu en Troade comme un allié d’Agamemnon, mais lorsque ses décisions m’ont semblé dénuées de jugement, je n’ai pas hésité à lui retirer mon soutien. Ainsi fonctionne le monde. Je souffre et perds mon sang comme tout homme mortel. Seulement, ayant appris l’art de la médecine auprès de mon maître Chiron, je sais fort bien me soigner et apaiser mes souffrances physiques. La mort de Patrocle m’a anéanti. Ce qu’il représentait pour moi? Tout. Que les dieux vous soient cléments! Achille
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