Retour en page d'accueil de
          Dialogus

Constance
écrit à

Achille


Présentation, ressemblance, histoire et questions


   

Bonjour, valeureux Achille.

Je rêve depuis longtemps de t'écrire et je t'admire.

Tu dois être en train de te dire «Mais c'est qui, cette tarée?» Hé bien, je vais commencer par me présenter. Je m'appelle Constance et j'ai seize ans. Je suis issue d'une famille qui se situe dans la moyenne: pas riche, mais pas pauvre non plus. J'ai tout pour être heureuse, si l'on exclut cette fichue maladie qui m'a valu des moqueries pendant plus de dix ans et qui a fait que je n'ai jamais eu beaucoup d'amis. Je suis plutôt timide et je n'aime pas les conflits mais je ne me laisse pas marcher sur les pieds et je suis complètement tarée (mais moins que la chose qui me sert de sœur).

Il y a deux garçons (qui apparaissent dans des œuvres différentes) qui me font beaucoup penser à toi. Le premier s'appelle Tristepin de Percedal (Pinpin pour les intimes). Il veut être un héros. Pour lui, si on gagne le combat, on est un héros et idem si on meurt au combat. Il meurt en héros, en protégeant celle qu'il aime (mais revient à la vie par la suite). Le deuxième s'appelle Zack. Il veut aussi être un héros. Sa devise, c'est : «Vis tes rêves et, quoi qu'il arrive, protège toujours ton honneur en tant que soldat». Il meurt en héros en protégeant son meilleur ami (mais il ne revient pas à la vie, en revanche). Avant de mourir, il lui demande d'être son héritage vivant.

Pour changer de sujet, j'ai remarqué dans certaines de tes lettres que tu trouvais que les femmes ne sont pas très courageuses. Je vais te raconter une histoire qui va te faire changer d'avis. Dans un village, une jeune fille nommée Hinata est amoureuse du personnage principal (nommé Naruto) de l'histoire dans laquelle elle apparaît. Un jour, un homme attaque le village et Naruto se trouve en difficulté face à lui. Hinata décide donc de l'aider. Elle lui avoue son amour et se précipite vers l'homme. Il la repousse plusieurs fois mais elle se relève toujours tout, en sachant qu'elle n'a aucune chance. Mais l'homme finit par la tuer (enfin... il la blesse seulement mais sur le coup, on croit qu'elle est morte). Naruto n'est pas très content et tue l'homme.

Maintenant... PLACE AUX QUESTIONS (quand je te disais que je suis tarée)!

1) Est-ce que la comparaison avec les deux garçons est pertinente?
2) As-tu aimé mon histoire?
3) As-tu des frères et sœurs? Si oui, les apprécies-tu?
4) Je t'embête avec mes questions?

Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, je sais que tu es plutôt occupé, à Troie. En espérant que tu me répondras vite.

Constance


Salut à toi, ô Constance!

Tes deux héros me plaisent assez. Je les envie. J’aurais bien voulu mourir en protégeant mon ami.

Je suis d’accord avec Tristepin de Percedal au sujet de l’honneur et du combat. Un homme qui meurt au combat rejoindra l’île des Bienheureux et jouira d’un banquet éternel avec ses compagnons. Mourir en combattant, c’est la victoire de la résilience sur l’abandon. Celui qui avance, lorsqu’il a la possibilité de reculer, mérite des éloges. Il y a une autre raison pour laquelle tout guerrier, s’il doit tomber sur le champ de bataille, veut le faire rapidement et fatalement. Nous voulons tous une mort éclatante, franche et rapide, car l’alternative, et je ne parle pas de la victoire, est une lente agonie. J’ai vu des hommes mutilés s’enterrer la tête dans le sable pour mettre un terme à leur souffrance.   

Je ne crois pas que les femmes soient spécialement dépourvues de courage. Je me demande bien où tu as pu entendre quelque chose du genre. Le courage n’est pas une qualité spécifique à un genre et j’ai connu bien des couards des deux sexes. Je peux te nommer quantité de femmes courageuses qui m’ont impressionné au cours de ma vie. Par exemple, Iphigénie, la fille d’Agamemnon. Je n’ai jamais vu son pareil, tous genres confondus. Lorsqu’elle a su que sa mort assurerait des vents favorables à la flotte achéenne, elle a refusé que je la protège. Elle était contente de se sacrifier pour le bien des autres. Ensuite, Briséis. Si tu savais le courage de cette femme! Elle a tenu tête à bien des rois. Non, vraiment, j’ai connu au cours de ma vie des femmes et des hommes pleins de vaillance et d’autres qui en étaient complètement dépourvus.

J’ai beaucoup aimé ton histoire, merci de me l’avoir racontée. J’aime les récits héroïques.

J’ai une demi-sœur. Elle s’appelle Polydora et elle est la fille de mon père, Pélée, et de sa première épouse, Antigone, fille d’Eurytion. Cela fait plus d’une décennie que je ne l’ai pas vue, mais je conserve de très bons souvenirs d’elle. Polydora est mon aînée d’une quinzaine d’années et s’est toujours comportée comme une mère avec moi. Un de mes chefs de régiment, Ménesthios, est son fils, et donc mon neveu.

Tu ne m’embêtes pas, Constance, tu me changes les idées. Je suis allongé sous ma tente et je bois en attendant le jour et la reprise des combats. Le sommeil me fuit et les fantômes du passé me hantent. Alors, ton message et les réflexions qu’il suscite sont les bienvenus.

Que le bon œil t’accompagne!

Achille

************************Fin de
        page************************