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Χαιρε, divin Achille!
Ta mère te l'a promis: ta renommée est
immortelle. On loue encore ta beauté et ta bravoure, qui n'ont d'égales
que celles des dieux, des années après ton passage sur les eaux du
Styx.
J'ai lu les quelques paroles que tu as échangées avec
tous ces inconnus qui t'importunent alors que tu combats les soldats
troyens pour ramener la reine Hélène en Achaïe. Ce sont des femmes
frivoles pour la plupart, non? Alors je voulais juste te donner
l'occasion de partager avec un homme qui partage tes valeurs: les
gloussements, la maison et les enfants pour ces dames recluses au
gynécée, et les hommes au travail, à la guerre en l'occurrence, ou au
gymnase pour l'exercice, libres... Alors pour souffler un peu, au coin
du feu de ton camp, me ferais-tu cette faveur à moi, pauvre mortel, de
chanter la mémoire de ton cousin Patrocle en de beaux pentamètres et de
partager un peu de cette ambiance à la fois terrible, rude, virile et
tendre pour conjurer la mort?
Je te salue,
Thomas
P. -S.: prends garde au perfide Pâris...
Je te salue, Thomas!
Les femmes et la frivolité, les hommes et
les combats sont tous des plaisirs auxquels je goûte sans
discrimination. Je ne désirerais pas vivre dans un monde où l’un
disparaîtrait au détriment de l’autre.
Je chante tous les
soirs la mémoire de mon bien-aimé Patrocle et si tu frappes à ma
baraque en ami, je t’autoriserai volontiers à partager ma table et mes
souvenirs.
Que les dieux t’entendent et nous réunissent un soir à la lueur des flammes!
Achille
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