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Les élèves de 6e2
écrivent à

Achille


Lettre des barbares du Collège Notre Dame à Achille


   

Divin Achille, vous qui êtes si fort, brave et beau, vos batailles nous impressionnent. Vos techniques de combat, votre armure si belle nous font rêver.

Nous te saluons, nous, barbares du Nord, classe de 6e 2, avec notre préceptrice Madame Romain, dont la beauté et la bonté sont égales à celles de Briséis. Nous étudions vos péripéties remarquables car vous êtes un très grand guerrier et même dans notre monde tout le monde vous connaît et vous admire. Nous habitons en France et plus précisément à Lisieux, où notre école se nomme Notre-Dame. Vous accorderiez-nous quelques secondes de votre temps pour vous poser des questions sur la vie d'un vaillant guerrier comme vous?

Tout d'abord, outre votre mère, avez-vous déjà rencontré des dieux de l'Olympe et lequel d'entre eux préférez-vous?

Ensuite, pendant votre entraînement, avez-vous plusieurs étapes d'échauffement; si oui, pourriez-vous nous les préciser? Et vous entraînez-vous seul?

Enfin, ressentez-vous des sensations particulières dans votre corps du fait de votre immortalité?

Dans notre vie de barbares, maintenant, il y a plus de personnes dans notre monde que dans votre univers. Au Nord tout le monde se souvient de vous grâce à votre courage et votre gloire.

Achille, vous en savez plus que nous à votre sujet. Nous vous posons ces questions, merci de nous répondre:

Redde Akhilleus quae sunt Akhilleus
«Il faut rendre à Achille ce qui est à  Achille»

Et que votre nom traverse les âges,

Les élèves de 6e2


Je vous salue, élèves de la 6e 2, ainsi que votre belle et bonne maîtresse!
 
Je n’ai jamais rencontré de dieux, mais on raconte que les immortels se déguisent souvent pour se mêler aux mortels sans être reconnus, alors peut-être en ai-je vu sans le savoir. Si je pouvais rencontrer l’un d’eux, je choisirais Zeus, car il est mon arrière-grand-père et le plus puissant de tous.
 
Il y a longtemps que mon «entraînement» est terminé. Le combat que nous menons sur la plaine troyenne depuis dix ans est bien réel et courir vers l’ennemi est la seule préparation dont bénéficient nos membres avant le choc frontal. Nous sommes tous tellement déterminés à survivre…
 
J’ai suivi deux écoles dans ma vie. La première à Phthia, ma cité natale, de sept à neuf ans. On m’a appris les rudiments du combat, la manipulation de l’épée, de la dague, de l’arc et des flèches, de la lance, du bouclier… J’ai aussi appris à chasser, à chanter et jouer de la lyre, à compter, à lire et écrire les signes sur l’argile, mais je manquais de patience pour les apprentissages où je devais demeurer immobile.
 
Ensuite, de sept à neuf ans, j’ai suivi un entraînement rigoureux sur le mont Pélion, avec pour maître le centaure Chiron. Avec lui, je suis allé au bout de moi-même et plus loin encore. Il pouvait me faire courir à flanc de montagne pendant des heures avec un sac de roche sur le dos, ou me faire lutter pieds nus sur le sable brûlant, ou m’entraîner sur les cimes glaciales de l’Hémonie et me faire affronter des fauves immenses. Il m’a aussi enseigné l’astronomie, la botanique et la médecine. Il a bien essayé de m’inculquer de la sagesse, en vain. J’ai un peu honte de vous l’avouer, mais j’étais très turbulent et Chiron a finalement exigé que ma mère me reprenne.
 
Je ne suis pas immortel. Je peux mourir et je mourrai. Tous meurent, le grand et le petit, le riche et le pauvre, le fort et le faible. Seuls les dieux sont éternels et je ne suis pas un dieu.
 
Que les immortels vous éclairent sur la route de la connaissance!

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