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Naouelle Ghemmour |
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Lettre d'admiration |
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J'existe, Naouelle, et j'existerai toujours. J'ai combattu pour cela, j'ai tout perdu et bientôt, je ferai le sacrifice ultime. Nul ne peut m'enlever cela, ni toi, ni personne. Alors, prends le parti de croire en moi, car de ma baraque sur la côte troyenne, je te réponds ce soir, et rien n'est plus réel que le son de ma voix, que la brise venue de la mer, que le grattement du stylet de mon scribe… On vient souvent à moi en clamant que les guerriers ne sont plus ce qu'ils sont. Nestor aussi dit de même. Il dit que les combattants d'hier nous surpassaient en force, que nous dégénérons. Je crois que c'est une vieille manie qui ne veut pas dire grand-chose. Ce que je voudrais, c'est qu'un guerrier de ton temps vienne à moi et me répète tes paroles; alors peut-être, je le croirai. D'ici là, je continuerai à croire que sur le terrain, sous la sueur et le sang, il y a, il y aura toujours, beaucoup de courage, de vaillance et d'actes héroïques, comme il y aura toujours de la peur, du découragement et de la couardise. Il faut avoir connu le combat pour s'exprimer sur ce sujet, il faut avoir entendu le bruit des pas de l'armée qui s'approche, avoir vu l'éclatante lueur des armes de bronze, il faut avoir avancé, serré contre ses frères, sur l'ennemi hérissé de piques, à la rencontre des maux d'Arès, sans jamais céder un pas. Les nouvelles armes ne changent rien à cela, les hommes sur le terrain te le diront. Personnellement, nonobstant ce que prétend Nestor, je me sens tout aussi valeureux que les guerriers d'hier; il n'y a donc pas de raison pour que ceux de demain le soient moins. Achille
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