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Cher Achille,
Je me présente, je m'appelle Flavia et je suis élève
latiniste dans une classe de 5e.
Depuis que nous travaillons sur
votre merveilleux combat contre Hector, je me pose nombre de
questions:
Qu'avez-vous ressenti en apprenant la mort de
Patrocle?
Vous êtes-vous juré que vous le vengeriez?
Qui était-il pour
vous?
Avez-vous eu peur de mourir sans avoir d'héritier?
Si vous deviez
changer un moment de votre vie, lequel serait-il?
Pensez-vous que vos parents
seraient fiers de vous?
Pensez-vous que vous avez de la chance d'être
invincible excepté au talon?
Il paraît que vous avez boudé sous votre tente
pendant le siège de Troie, est-ce vrai? Pourquoi?
Pensez-vous que Patrocle
soit au Paradis? Y avez-vous seulement pensé?
Étiez-vous amoureux pendant la
guerre de Troie?
Voilà j'ai fini, j'espère que vous ne m'avez pas trouvée
trop curieuse.
Flavia, salut!
Tes questions sont nombreuses, mais j'y répondrai. Nul ne pourra accuser Achille de dissimulation.
Lorsque j'ai appris la mort de Patrocle, j'eus l'impression qu'on
venait de m'enfoncer une lame dans le coeur. Il était tout pour moi,
mon bien-aimé Patrocle. Je l'aurais vengé sans attendre, mais il était
parti avec mes armes, lesquelles avaient été dérobées par Hector. Je ds
attendre que ma mère m'en fournît de nouvelles, fabriquées par
Héphaïstos, pour reprendre le combat.
Cela faisait neuf années que nous assiégions Troie, lorsque le
généralissime, Agamemnon, m'enleva mon esclave favorite, Briséis, par
dépit d'avoir perdu la sienne, Chryséis. Ainsi déshonoré, je refusai de
combattre. Je voulais que les princes constatent à quel point cette
guerre pouvait les affecter sans ma présence, sans mon bras vigoureux.
C'est d'ailleurs ce qui se produisit et lorsque l'armée troyenne se fit
trop pressante, mon bon Patrocle vint me supplier d'intervenir, mais
aveuglé par ma colère, je refusai. Je lui permis pourtant de revêtir
mes armes, afin de faire croire à l'ennemi que j'étais de retour.
Patrocle s'avança trop loin et il mourut. Si je pouvais revenir en
arrière, je ne le laisserais pas partir seul, j'irais avec lui et nul
n'aurait eu la chance de le faire périr. Malheureusement, il est bel et
bien mort et lorsque je livrerai sa dépouille au bûcher, il s'en ira
dans l'Hadès, au séjour des morts. D'ici là, je la garde près de moi,
dans ma baraque.
Sache que j'ai un fils, du nom de Néoptolème. Il vit avec sa mère sur
l'île de Scyros, à la cour de son grand-père, Lycomède. Mon père,
Pélée, est très fier de moi, mais de même que ma mère, il craint ma
mort, car je suis son fils unique.
La légende qui dit que mon talon est vulnérable est fausse, mais je sais qu'elle est répandue, car plusieurs m'en ont parlé.
J'espère avoir répondu à toutes tes questions, douce Flavia. Que les dieux te protègent!
Achille
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