Pierre
écrit à

Achille
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Salut à toi, Pierre! Tu t’adresses à moi comme si j’étais mort; je trouve cela à la fois morbide et insultant! Mais peut-être as-tu été mal renseigné, et c’est pourquoi je ne te tiendrai pas rigueur de cette maladresse. Mon armée personnelle comptait à l’origine deux mille cinq cents hommes. C’est avec eux que j’ai traversé la mer Égée sur cinquante vaisseaux fins et que nous avons mis pied à terre en Phrygie. Dix années se sont écoulées depuis ce jou,r et si de bons guerriers ont péri au fil des ans, de nombreux autres se sont joints à nos rangs. Mes conquêtes au sud m’ont permis de recruter des hommes valeureux qui, devant la démonstration de ma puissance, comprenant que j’avais la faveur des bienheureux immortels, ne se firent pas prier pour me jurer fidélité. La mort de Patrocle m’a anéanti et c’est effectivement ce qui a précipité ma réconciliation avec Agamemnon et mon retour au combat. Les Troyens ont payé cher la mort du meilleur des Achéens: leur prince est mort, leurs troupes ont subi des pertes irréparables et leur courage est dompté par la certitude que les dieux les ont abandonnés. Achille |