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          Dialogus

Amine
écrit à

Achille


Gloire et combat


   

Gloire à toi Achille, fils de Pélée et de la divine Thétis!

Toutes mes salutations, ô grand Achille.
Je voudrais vous dire que c’est grâce à vous que j’ai pu lire mon premier livre (L’enfance d’Achille). À ce propos est-ce vrai qu’à sept ans vous pouviez tuer un lion? Personnellement je n’en doute pas car vous êtes entraîné par le centaure Chiron. 
J’admire beaucoup votre courage notamment face au roi Agamemnon; vous êtes devenu une légende de nos jours grâce à la guerre de Troie, vous et votre ami Ulysse, et votre valeureux ennemi Hector à qui vous avez ôté la vie car il avait fait de même avec votre cousin Patrocle.

Je veux point paraitre indiscret mais aviez-vous de bons rapports avec votre mère Thétis? Si votre père est roi, comment cela se fait que le meilleur de ses enfants ne le soit pas? 

J’ai étudié de près votre vie et je sais que si vous avez  participé et mené la guerre c’est justement pour devenir une légende. Rassurez-vous, vous l’êtes aujourd’hui!

Pour conclure, vous êtes une idole pour moi. Je vous salue, grand guerrier grec, héros et demi-dieu Achille!



Je te salue, ô Amine!

J’ai effectivement participé à mes premières chasses vers l’âge de sept ans, âge où tout garçon quitte le gynécée pour rejoindre le quartier des hommes et commencer son entraînement. Cependant, je n’ai pas affronté un fauve dès le départ. Et puis, un fauve n’est pas la pire chose qu’on puisse rencontrer dans les gorges du maquis. Une harde de sangliers géants m’effraie davantage qu’un lion ou même un taureau solitaire jouant des cornes. 

Je ne plie jamais la nuque, pas même devant les plus grands souverains. Faire face à Agamemnon, et lui dire bien franchement ce que je pensais de lui, ne m’a demandé aucun courage. Le vrai courage exige d’avancer malgré la peur. Je n’ai pas peur d’Agamemnon, ce roi de pacotille. Nestor me répète souvent que je dois respecter la hiérarchie, mais je ne fonctionne pas comme ça. Je respecte celui qui mérite d’être respecté, peu importe sa position sociale. Par exemple, j’ai plus de respect pour mes esclaves que pour Agamemnon.

Ma relation avec ma mère est délicate. C’est une déesse et elle m’a mis au monde. Pour cela, je la vénère, mais elle n’a pas toujours été présente et lorsqu’elle l’a été, elle ne m’a pas très bien servi. À mon départ du Pélion, ma mère craignait pour ma vie, car elle savait que la coalition achéenne me recherchait activement. Pour me protéger, elle m’a caché sous les traits d’une jeune fille, sur l’île de Skyros. Pendant deux ans, j’ai joué les vierges parmi la cour skyrienne et, crois-moi, ce fut pénible. Tout cela pour rien, puisque la coalition m’a finalement retrouvé. Je crois que ma mère ne sait pas ce qu’est l’expérience humaine. Elle voulait me protéger, par amour, en m’empêchant de vivre. C’est probablement la pire chose qu’un parent puisse faire à son enfant.

Mon père est roi de Phthia, en Thessalie et, à sa mort, je pourrais prétendre à son trône, mais le pouvoir ne me serait pas assuré pour autant. Le pouvoir est souvent héréditaire, mais un prince doit se faire maître d’une cité pour en être le roi. À tout moment, un souverain peut être renversé si un autre est plus fort que lui. C’est surtout une question de partisans et les enfants du roi défunt en possèdent souvent plus qu’un prétendant étranger.

Que le bon œil t’accompagne!

Achille

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