classes de sixième
écrit à

Achille
|
Salutations amis! Je suis très heureux d’apprendre que nos exploits vous passionnent et vous donnent peut-être l’envie de vous dépasser vous-mêmes, d’accomplir de grandes choses. Le combat contre Hector fut trop facile. Ce chien est mort trop rapidement, trop facilement. J’aurais voulu qu’il souffre davantage et c’est pourquoi je conserve sa carcasse que je mutile lorsque ma rage prend toute la place dans ma poitrine et dans ma tête et libère le fauve en moi. Vous parlez de la mort d’Hector comme s’il s’agissait d’un crime, mais n’était-il pas le prince de Troie, ne devait-il pas périr devant les murs de sa cité ou survivre après l’avoir défendue? Pourquoi faire la guerre? En général ou dans ce cas-ci? Parce que sachez que l’enlèvement d’Hélène de Sparte par le prince Alexandre de Troie ne fut qu’un fortuné prétexte pour Agamemnon qui convoitait depuis longtemps les richesses et l’influence de Troie. Je ne suis pas invulnérable et j’ai bien un point faible, mais ce que vous me racontez n’est pas conforme à la réalité. Ma mère a effectivement tenté de me rendre immortel, mais pas en me trempant dans le Styx, ce qui est ridicule puisque même les dieux craignent de toucher cette eau infernale. Non, lorsque je n’étais qu’un bébé, elle me passait dans le feu et m’enduisait ensuite d’ambroisie, mais mon père l’a surprise et empêchée d’accomplir son rituel jusqu’au bout. Je suis donc très fort et puissant, mais je demeure mortel et peux mourir. C’est cela mon point faible: ma mortalité, pas mon talon! Je ne suis pas mort, amis, et je serais bien étonné de voir ce couard de Pâris Alexandre mettre un terme à ma vie. Peut-être avez-vous été trompé par une légende frauduleuse, comme pour mon talon? Que Zeus l’Impétueux vous regarde avec compassion! Achille
|